Pierre, maître de dentelle

Publié le par Martine

Comme je vous l'ait dit hier, voici aujourd'hui ma chronique de "Pierre, maître de dentelle" du romancier Hubert de Maximy. Ce roman est paru dans la collection Terres de France des Presses de la Cité. Bonne lecture!

 

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C’est dans l’univers de la dentelle et de la lingerie fine que nous plonge à nouveau Hubert de Maximy avec ce dernier roman « Pierre, maître de dentelle » que l’auteur vient de publier aux Presses de la Cité dans la collection des Terres de France. A nouveau parce qu’on a déjà eu le bonheur de s’imprégner de cet artisanat d’art en suivant « Le destin d’Honorine » grand-mère fondatrice de la fabrique familiale Chalencon et compagnie, puis celui de sa fille « Alice la flamboyante », également mère de Pierre dont Hubert de Maximy nous conte à présent les aventures toujours à Craponne-sur-Arzon dans cette si belle région du Velay.

Si on a pu déjà apprécier à leur juste valeur les caractères bien trempés d’Honorine et d’Alice, on est cependant bien loin de s’attendre à la personnalité de Pierre. Imbu de lui-même, prétentieux, d’une ambition démesurée, prêt à tous les calculs les plus retors pour parvenir à ses fins, ce Pierre-là est tout simplement une belle ordure, dixit le romancier lui-même. Héritier d’une modeste entreprise qui a su trouver sa place et se développer grâce à la seule volonté de sa grand-mère et de sa mère, le jeune homme puis l’homme qu’il va vite devenir ne recule devant rien pour faire prospérer cette fabrique de dentelle et de lingerie fine et la hisser au plus haut niveau. Sous son impulsion, l’entreprise familiale s’ouvre les portes du grand luxe. Rien n’est assez bien, rien n’est assez beau pour ce chef d’entreprise sans scrupules. Ses frères et sœurs, et même son épouse, vont en faire les frais, malheureusement. L’ascension fulgurante qu’il suit avec son air aussi ingénu que fourbe n’a d’égale que les bassesses et les mesquineries dans lesquelles il excelle. Mais il semblerait qu’il y ait une certaine justice en ce bas monde et cette ascension, cette splendeur aussi éclatante qu’elle paraisse, pourrait très vite s’écrouler. Les temps sont durs en ce début du 20e siècle et la guerre menace…

Avec la verve et le talent qu’on lui connaît, Hubert de Maximy nous dresse avec ce « Pierre, maître de dentelle » un superbe portrait d’homme d’affaires vénal et véreux. Comparé à lui, le J. R. de Dallas fait plutôt piètre figure ! Avec une précision des plus troublantes, les côtés les plus vils de cette personnalité hors normes sont analysés et retranscrits avec un réalisme déroutant. Et ça marche ! Même si les situations nous paraissent à peine croyables ! On se dit que, non, Pierre ne peut pas s’abaisser encore à ça. Et bien, si ! Il le fait. Et pire encore. Nous laissant ainsi un sentiment de trouble et de malaise. Jusqu’où peut-on aller pour atteindre la fortune et la reconnaissance d’une élite ? Quelles sont les mesures de notre ambition ? En nous rendant ce Pierre aussi antipathique que possible, Hubert de Maximy nous interpelle aussi et nous interroge, nous poussant alors à aller chercher des réponses qu’on était loin d’imaginer en ouvrant cet excellent roman. Plus dure est la chute. Et pas seulement pour Pierre…

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Binchy 25/02/2014 10:15


Je l'ai terminé hier, un régal. J'ai effectué un lien vers ta chronique sur mon blog car je ressens exactement la même chose que toi vis-à-vis de Pierre...!!!


Je te souhaite une très belle journée Martine et je t'embrasse très fort.


Bernadette.

Martine 25/02/2014 18:24



Ah oui?!!! Je vais vite aller lire ta chronique! Merci Bernadette et gros bisous



lylytop 07/12/2013 08:09


interessant


a bientôt et bonne fin de semaine


lyly

Martine 07/12/2013 16:48



Oui très! Merci Lyly! Bon week-end!