Le Vase où meurt cette verveine

Publié le par Martine

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Zika et Joseph sont mariés depuis de longues années. De belles années de bonheur partagées en couple puis avec leurs enfants. De belles années durant lesquelles ils ont pensé que ce bonheur serait éternel sans imaginer, ni prévoir qu’un jour tout pourrait s’arrêter brusquement. C’est ce qui arrive pourtant lorsque le cœur de Zika commence à montrer quelques faiblesses et que des soins et examens plus pointus s‘avèrent inévitables. N’ayant pas la place d’accueillir leurs deux parents ensemble pour pouvoir prendre soin d’eux, leurs enfants Isabelle et Gauthier leur impose une séparation, Zika chez sa fille à Paris, Joseph chez son fils à Montfort. Etant obligés également de rendre la location de leur petite maison, Zika et Joseph n’en peuvent plus de subir cet éloignement et cette nouvelle promiscuité chez leurs enfants. En effet si Gauthier est marié et père de famille, Joseph ne tarde pas à découvrir que tout n’est pas si harmonieux au sein de son couple. De son côté, Zika doit faire avec les reproches de plus en plus vifs d’Isabelle, restée célibataire « par la faute de ses parents et surtout de sa mère » croit-elle. Mais alors, que vient faire cette histoire de verveine qui se meurt dans un vase ? comme nous l’indique Frédérique Martin dans ce roman émouvant et bouleversant paru aux éditions Belfond.

En fait tout l’intérêt de cette histoire, outre son sujet terriblement d’actualité avec le vieillissement de nos aînés qui dure de plus en plus longtemps, réside dans la correspondance que s’échange nos vieux amoureux. Entre doux mots d’amour, récits du quotidien, inquiétudes, interrogations et autres anecdotes, se trame une histoire forte, tragique et irrémédiable. Sous la plume de Zika et Joseph, les évènements se profilent sans qu’on s’en doute et nous surprennent par leur brutalité et leur évidence pourtant.

Cette verveine qui se meurt, c’est celle qu’a pu conserver Joseph. Amoureusement il en a replanté un pied dans le petit jardin qui borde le pavillon de Gauthier. Hélas ! La vie quotidienne et ses tracas, sa santé aussi qui, quoi qu’il en dise, s’affaiblit également, la sècheresse de cet été qui n’en finit pas de s’écouler, vont faire en sorte que, malgré lui, ce plant de verveine ne va pas survivre…

Ce roman à deux voix que nous propose Frédérique Martin avec toute sa sensibilité et son talent d’auteur, c’est celui de la vieillesse, du temps qui passe, de la solitude, de la difficulté à vivre ensemble et même à deux, le drame de la vie finalement qui, qu’on le veuille ou non, a toujours le dernier mot. Du grand art d’écriture et une leçon bouleversante.

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nicolbrod39 17/12/2012 15:40


c'est triste, cette histoire ! pas pour moi ....