J'ai vécu si peu

Publié le par Martine

J'ai eu la chance de lire ce livre témoignage avant sa parution officielle puisque Sabine Norroy, l'attachée de presse des éditions des Syrtes, me l'a offert lors de notre déjeuner programmé pendant mon dernier séjour parisien.

Même si j'avais donc les épreuves de ce récit, je ne l'ai pas lu pendant mon trajet de retour (j'en connaissais le sujet et cela m'aurait été impossible) mais quelques jours plus tard.

 

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Ce journal se lit comme celui, hélas mondialement connu, d'Anne Franck.

Ecrit au jour le jour, ce journal intime, ce "petit Journal" comme le nomme sa confidente, débute le 13 février 1944, jour des 13 ans d'Eva, et s'arrête brutalement le 30 mai suivant lorsqu'Eva et sa famille sont arrêtés et déportés  à Auschwitz (elle y mourra gazée le 17 octobre de la même année).

Eva Heyman est née et a toujours vécu à Oradea en Transylvanie, notre Roumanie actuelle mais Hongrie à l'époque. Tout comme sa famille, elle est de confession juive. Ses parents sont divorcés et la jeune fille vit avec sa mère, Agi, remariée avec l'écrivain hongrois Bela Zsolt et qui prendra l'initiative de faire publier ce récit en 1948.

Outre les faits historiques sur lesquels sont basés ces "lettres" et qu'Eva relate avec une justesse effarante et un réalisme terrifiant, ce journal témoigne aussi des émois permanents ressentis par cette jeune fille, plus une enfant et pas encore femme.

Ainsi la dureté des mesures anti-juives côtoient les incompréhensions, les émotions et les sentiments éprouvés par Eva et qu'elle livre avec toute la candeur et l'innocence de son jeune âge, et sa quasi certitude d'être sans avenir, même si l'espoir, ce satané espoir reste toujours très présent.

Un texte fort, forcément, qui nous amène à penser à ces millions de vies détruites au nom d'une idéologie démente et qui, pourtant, est encore bien d'actualité de nos jours.

Je terminerai ce billet avec les derniers mots qu'Eva a écrit dans son journal parce qu'à eux-seuls ils disent tout : "Je veux vivre, même si je dois être la seule à rester ici! Je me cacherai dans une cave, un grenier ou n'importe quel trou jusqu'à la fin de la guerre (...) Je dois m'arrêter d'écrire, mon petit Journal. J'ai les yeux pleins de larmes."

 

Ce "Journal du ghetto d'Oradea" est intelligemment complété par une préface et des annexes qui nous permettent de mieux comprendre la situation des populations des pays de l'Est, entrés dans ce deuxième conflit mondial également.

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Alex-Mot-à-Mots 07/06/2013 09:12


Un témoignage important.

Martine 08/06/2013 10:54



Extrêmement! Bises Alex et bon week-end!



Pahi 06/06/2013 21:39


Martine, ça prend aux tripes, cela fait très mal...


Gros bisous à toi.


P.S. : Désolée, j'ai quasiment rien commenté ces temps-ci, simplement pris connaissance ; la vie est ainsi faite  ;-)

Martine 07/06/2013 08:26



Aucune obligation à commenter, voyons, Denise!!!


Tu as raison, cette lecture résonne très fort en mon coeur mais je la pense indispensable.


Bises et bon week-end!