Le tablier bleu

Publié le par Martine

Rien de tel qu'un peu de bleu pour continuer d'avancer en rose pendant tout ce mois d'octobre. Et ce bleu, je peux vous dire qu'il porte une saveur unique, celle de la vie.
Louise est une femme simple, qui a vécu comme ça, sans y penser, croyant, comme beaucoup d'entre nous, que la vie serait toujours ainsi, que rien ne s'arrêterait jamais.
Mais un jour, elle se retrouve enfermée dans une maison qui n'est pas la sienne. Comme un vulgaire paquet, on lui colle un numéro, le 14313, et c'est avec ce numéro qu'on l'identifie à présent.
Vous l'avez compris. Louise est une vieille dame à qui sa santé fragile ne permet plus de vivre seule. Alors on l'a placée là, dans cette maison de retraite où les jours passent, les uns après les autres, sans que rien ne vienne troubler leur monotonie et leur ennui.
Pourtant dans sa tête, Louise s'évade. Les souvenirs affleurent, sentent bon ou réveillent d'anciens espoirs, d'anciennes angoisses, d'anciens rêves aussi. Ce qui la fait tenir, Louise, c'est son tablier bleu. Celui qu'elle a toujours porté, les usant jusqu'à la trame, l'un après l'autre. Ce tablier qui fait son identité, sa reconnaissance. Aussi, le jour où elle ne le reconnait plus, ce tablier bleu, Louise perd pied. Elle ne sait plus qui elle est et pourrait se perdre, se noyer vraiment, si une main ne surgissait pas, enfin, pour la retenir, la raccrocher un peu à la vie, lui apporter un souffle d'espoir...
Ce texte de Martine Laffon paru chez Syros m'a profondément émue. Empreint d'une grande poésie et d'une immense délicatesse, il ose aborder des thèmes qui dérangent. La vieillesse, la perte de l'autonomie et ses conséquences, la folie aussi y sont traités avec tact et simplicité comme pour nous aider à garder les yeux ouverts, rester vigilant...
En quelques pages, je me suis laissée prendre au charme de Louise, son espièglerie, sa tendresse, ses colères et ses incompréhensions. Louise, c'est la vie et, en même temps, c'est la mort qu'elle appelle comme une délivrance, pour la sortir de cet endroit si triste où elle n'a pas demandé à vivre. Si bien que sa rencontre avec cette belle inconnue qui la ramène en des temps plus doux nous trouble et nous laisse un sentiment diffus de paix. Comme si Louise s'amusait à veiller sur nous. Encore un peu. Une dernière fois?...

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Florinette 06/10/2009 10:17


Je vais aller voir à la bibliothèque, on ne sait jamais...Bonne journée Martine !


Martine 11/10/2009 12:36


J'espère que tu l'as trouvé! Bon dimanche, Florinette!


nicolbrod39 04/10/2009 14:05


un livre sensible ... mais dur aussi, je pense !  je ne le lirai pas ces temps, avec ma Maman qui vieillit ... tu comprends  ?
bon dimanche, à bientôt,


Martine 05/10/2009 08:39


Un peu dur, oui Nicole! Mais très poétique en même temps! Mais je te comprends parfaitement! Je t'embrasse!


Marcel Pellosso 04/10/2009 09:03


Bonjour, chère Martine. Je lis très souvent votre blog et trouve que vous avez énormément de talent, un grand charisme et un dévouement hors-pair. Je me souviens de notre sympathique
 rencontre à la MTP de Bourg-les-Valence, lors d'une présentation de "jacobello del fiore" au Cercle de lecture. Je crois d'ailleurs vous avoir adressé mon
nouvel ouvrage publié chez Golias :"Histoire de José B". Deux autres vont suivre en 2010 et ce sera de grand coeur que je vous les offrirai. Votre
incitation à la lecture est très généreuse et tous les écrivains devraient vous dresser une statue. Amicalement . Marcel Pellosso


Martine 05/10/2009 08:44


Bonjour Monsieur Pellosso!
Bien sûr que je me souviens de vous et de votre effronté Jacobello!
Merci pour tous ces compliments! Mais une statue?!!! Non merci!
Bonne journée!


clau 03/10/2009 20:45


quel beau récit, tu nous donnes vraiment l'envie de le lire et de connaitre Louise!!!bon dimanche bz


Martine 05/10/2009 08:45


Merci Clau! Oui, c'est une belle rencontre que je vous propose! Louise est une vieille dame qu'on prend plaisir à découvrir! Bizzz