Atlas mondial des migrations

Publié le par Martine


Notre médiathèque La Passerelle vient d'accueillir la conférence « Le retour des camps en Europe » présentée par Catherine Wihtol de Wenden, auteur de l'Atlas mondial des migrations paru chez Autrement et directrice de recherche au CNRS, SERI-Sciences Po et Sophie Baylac de la CIMADE. Cette conférence était organisée par le Centre Culturel Arménien en partenariat avec Amnesty International dans le cadre du cycle « Questions d’actualité Questions de société ».
Elaborée en deux temps, Catherine Wihtol de Wenden a d’abord établi un état des lieux de l’Europe des migrations. « L’Europe est une des plus grandes destinations d’immigration. Ce qui est mal perçu du fait que, jusqu’à ces dernières décennies, elle était plutôt un continent de départ, a-t-elle exposé. Une grande partie de cette migration se fait clandestinement. Depuis les années 80, on fait face à une deuxième vague migratoire qui concerne les réfugiés. Entre la fin des années 90 et le début des années 2000, on dénombre environ 500 000 demandeurs d’asiles par an en Europe. Ces migrations sont mues par les réseaux. Ce qui a impliqué un durcissement des frontières de l’Europe et la mise en place des Accords de Schengen signés en 1985 qui régissent toujours l’installation des centres de rétention pour les personnes en attente d’un retour dans leur pays, cette période pouvant durer jusqu’à 18 mois. En plus le pacte politique d’asile proposé par la France repose sur cinq points restrictifs et sécuritaires qui sont loin de pouvoir améliorer cette situation. » « Pourquoi parler de centres de rétention quand il s’agit en fait de centre de détention, a alors interpellé Sophie Baylac. Le constat est établi que ces personnes y sont accueillies dans des conditions terribles, déshumanisantes et dégradantes. Toutes ces mesures de privation de liberté sont disproportionnées. On applique à des personnes non criminelles des conditions d’emprisonnement insupportables (passages de menottes, port d’un uniforme, pratiques de mise en isolement…) Le plus inquiétant sans doute, en France, est qu’on assiste à une certaine banalisation due à une relative amélioration. Les enfants sont aussi enfermés dans ces centres où on crée des « espaces familles », a-t-elle encore alerté. Mais la façon dont sont traitées ces personnes conduit à la criminalisation avec des actes de violence des détenus contre eux-mêmes et des actes de révolte. »

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clau 13/03/2009 09:23

félicitations pour les bonnes nouvelles....