Quand je suis sorti(e) de l'immeuble, le jour se levait...

Publié le par Martine

Quand je suis sorti(e) de l'immeuble, le jour se levait...

Sous ce titre un peu long, se cache le thème sur lequel cinq auteurs écrivains nouvellistes, Joëlle Cuvilliez, Christine Deroin, Jeanne Desaubry, Pierre Mikaïloff et Bertrand Runtz, ont planché et fait écrire les participants aux ateliers d'écriture (collégiens du Loiret, lycéens et apprentis de centres de formation de la Région Centre-Val de Loire) pour le concours de nouvelles annuel organisé par l'association culturelle "Tu connais la Nouvelle?". Thème d'écriture qui a abouti à l'édition du recueil éponyme illustré par Armelle Taillandier et dans lequel figurent une nouvelle de chacun des cinq écrivains nouvellistes et des écrivains en herbe finalistes et primés.

Ce recueil "Quand je suis sorti(e) de l'immeuble" est désormais disponible auprès des Editions Tu connais la nouvelle?. Je l'ai commandé il y a quelques jours et reçu en milieu de semaine dernière et je peux vous dire qu'à l'image des recueils des années précédentes, ce "crû" 2017 est particulièrement bon, voire excellent! Les nouvelles sont variées, très travaillées, leurs déroulés parfaitement maîtrisés et on se laisse surprendre à chaque fois. Ce qui est vraiment, à mes yeux, signe de grande qualité.

Pour la Bonne nouvelle du lundi, j'ai retenu celle de Jeanne Desaubry dont j'apprécie déjà beaucoup l'écriture et qui, cette fois encore, m'a offert un beau moment de lecture. Cette nouvelle est titrée "Hebnie".

Hebnie, cela signifie "mon fils" en arabe. Ce mot, c'est la mère de Mimo qui lui l'adresse avec toute son affection, tout son amour maternel pour l'empêcher de faire des "bêtises", de tourner mal dans cette banlieue dortoir où ils résident tous les deux depuis la mort du père et où Mimo a tendance à fréquenter les mauvaises personnes. Elle a peur pour son fils, cette Maman. Elle tremble pour lui et pour son avenir, elle qui se sait condamnée par la maladie à plus ou moins long terme, de plus en plus court d'ailleurs, supportant très difficilement les dialyses qui la maintiennent. Par chance, Mimo est amoureux de la jolie Melissa, comme presque tous les garçons de sa cité en fait. Mais ça, sa mère ne le sait pas. Pas plus qu'elle ne sait que, ce soir, Mimo a rendez-vous avec sa belle.

Et puis il y a cet infirmier, qui a renoncé à une carrière de médecin par peur de ne pas y arriver, par fainéantise aussi, pensez! sur les 1000 étudiants de première année seulement 300 étaient admis en deuxième! Alors bien sûr aujourd'hui, il s'en mord les doigts. Et ce ne sont pas les heures de travail qu'il enchaîne sur un rythme très soutenu qui vont diminuer ses regrets... Alors quand, ce soir-là, son ambulance percute violemment Mimo, au retour de son rendez-vous avec Melissa, il ne peut qu'être ému par la situation du jeune garçon, à la fois victime de ce fâcheux accident mais aussi confronté à l'hospitalisation de sa mère que seule, désormais, une greffe pourrait sauver... 

Voilà. C'est triste, n'est-ce pas? Certains sont vraiment mal lotis dans la vie. Mais l'écriture est capable de faire des miracles et tout l'art de Jeanne Désaubry s'y mesure avec grand talent, elle qui n'hésite pas à nous proposer deux fins pour cette nouvelle sensible et émouvante. 

Soit la mère de Mimo décède, le laissant seul, désemparé, sans ressources et à la merci de ses mauvaises fréquentations. Soit une greffe bienvenue la sauve, Melissa répond enfin favorablement aux attentes amoureuses de Mimo, lequel a finalement écouté la demande de sa mère en reprenant ses études et devenant boulanger et toute cette petite famille vit une existence paisible et heureuse.

Comme Jeanne Desaubry nous le propose, à nous, lecteurs, de choisir la fin qui nous semble convenir au mieux en fonction du contexte présenté en amont!

 

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