La vie devant elles - Isabelle

Publié le par Martine

La vie devant elles - Isabelle

Difficile de n'en retenir qu'une quand chacune des nouvelles réunies au sein d'un même recueil sont toutes plus excellentes les unes que les autres. 

Difficile d'autant quand la belle préface d'Hubert de Maximy n'est qu'une invitation sincère à lire l'ensemble du recueil en ayant soin de porter attention à chacune des protagonistes mises ainsi en avant par Maryline Martin et qui ont, croit-on alors, "La vie devant elles".

Effectivement j'aurais pu vous parler de Bertille qui assiste aux fiançailles de son fils de bien curieuse manière, de Louison jeune épouse devenue veuve d'un déserteur pendant la Première Guerre mondiale, de Fanny qui revit les grandes heures de son cher quartier Montparnasse à Paris, d'Anna avec ou sans les "H" du début et de la fin de son prénom, Anna - Hannah, une lettre et tout change, ou presque... à condition d'endosser un nouveau prénom. Pour changer le destin?...

J'aurais pu aussi choisir de vous parler de Françoise/Framboise. Non, en fait! Si la jeunesse et le choix de la première nous trouble, ce qu'en fait la seconde dérange et nous attriste. Leïla, la jeune et belle comédienne, aurait aussi pu infléchir mon choix, Rachel, Aminata ou Loulou davantage encore. Dorothy également. Quant à Suzanne et Elle, c'est plutôt un sentiment de pitié qu'elles m'ont inspiré, d'où mon impossibilité à les retenir. 

Et de fait j'ai longuement hésité entre Suzon, la belle, la brave, l'engagée Suzon et la délicieuse Isabelle.

Dans ce recueil paru aux Editions Glyphe, tous ces destins de femmes, peu importe leur âge, qu'elles soient enfants, jeunes filles, femmes ou dames âgées, se croisent et se rencontrent ici ou là, au gré de l'histoire personnelle, ou de la période de l'Histoire avec un grand H, évoquée.

Et finalement c'est d'Isabelle, dont j'ai souhaité vous parler aujourd'hui. D'Isabelle et Désiré, son promis. Désiré, ainsi prénommé parce que longtemps attendu par ses parents, élevé seul par sa mère, devenue veuve quand il n'avait que 4 ans. Désiré qui se prépare ce matin à aller demander la main d'Isabelle à ses parents, en ce début de deuxième décennie du XXe siècle.

Isabelle, émue, impatiente, tendue comme un ressort vers la décision que prendra son père en fin de compte. Car, en ce temps-là, c'est encore le père qui décide du choix de l'époux pour sa fille. Isabelle, gracieuse, charmante et malicieuse, oui, car, bien sûr, la décision paternelle, elle la connait déjà, ou s'en doute fortement. Mais c'est une telle joie. C'est un tel bonheur. C'est un tel honneur de laisser Désiré demander sa main!

Cette banale demande en mariage prête à sourire bien sûr. Mais c'est compter sans le talent de conteuse et d'écrivain de Maryline Martin. Car ce gentil sourire suscité se teinte subitement de gros nuages noirs quand la date du mariage est fixée...

Et c'est ainsi pour chaque nouvelle. Une phrase, deux maximum, viennent assombrir brusquement un destin qui paraissait tout tracé, ou l'éclairer tout à coup d'une lumière remplie d'espoir. De cet espoir qui laisse augurer de jours meilleurs quand jusqu'à présent tout était bien sombre, oppressant et terrifiant.

Cet art de la chute, ainsi révélé, démontre une grande maîtrise de ce genre de la nouvelle littéraire. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que Maryline Martin le possède et le maîtrise parfaitement.

"La vie devant elles", un excellent recueil à lire. Evidemment!

La vie devant elles - Isabelle

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