Le Moabi Cinéma

Publié le par Martine

Le Moabi Cinéma

Dernier livre lu pour le 5e Prix littéraire de La Passerelle et il se trouve qu'il s'agit aussi d'un premier roman, celui que Blick Bassy, musicien auteur compositeur interprète camerounais, a signé en 2016 pour les éditions Gallimard, collection Continents noirs.

La première remarque que je ferai sur cette lecture, c'est que, définitivement, j'ai du mal à entrer dans la littérature africaine et que j'ai besoin d'insister un peu (beaucoup) pour en apprécier vraiment toutes les subtilités et la richesse. Car, une fois ce livre refermé, il en reste une gaieté et une joie de vivre qui nous collent à la peau, s'imprègnent en nous et nous mettent de bonne humeur. C'est vraiment l'effet que m'a fait cette lecture mais, j'avoue, non sans mal et, si cela n'avait été le défi personnel que je me suis fixé en participant à nouveau à ce prix littéraire et en lisant les six romans sélectionnés par nos bibliothécaires, je n'aurais certainement jamais fini ce roman et, franchement, ç'eut été bien dommage!...

Le personnage principal de cette histoire, c'est Boum Biboum jeune garçon, presque homme, qui grandit un peu insouciant auprès de sa famille dans ce petit village à proximité de la forêt où il n'a pas encore mis les pieds. Ce qui le pousse à vouloir y aller, tout comme ses amis, et sa famille. Alors, un jour, les voilà partis, tous ensemble, pour se donner du courage, se soutenir et ne pas avoir à affronter, seuls, les dangers évidents de la forêt.

Et voilà qu'ils y sont! qu'ils avancent! qu'ils découvrent un univers inconnu et fascinant! Jusqu'à ce drôle d'arbre, un moabi, sur lequel deux soldats veillent. Cet arbre géant les intrigue par la lueur qu'il émet et qu'il leur renvoie, qui les attire et les fascine, un peu comme un écran de télévision. Sauf que, en se penchant un peu, en regardant bien et mieux, l'histoire que l'arbre leur raconte, c'est la leur, celle de leur peuple, celle du Cameroun, et, plus encore, celle de tous ceux qui sont partis, loin, qui ont quitté le pays dans l'espoir de trouver, ailleurs, une vie meilleure. Cette histoire, Boum Biboum décide alors de la faire découvrir au reste des habitants du village. Mais tous ne peuvent pas aller dans la forêt, auprès du moabi. Et Boum Biboum va devoir faire preuve d'ingéniosité pour réussir ce challenge, quitte à ruser et à faire en sorte de mettre les deux soldats de son côté. L'affaire semble gagnée. Mais la forêt n'a pas dit son dernier mot...

Comme je l'ai dit plus haut, j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire qui oscille entre fantastique et trop d'imaginaire. Il a fallu l'écriture musicale et rythmée de Blick Bassy pour que je m'y sente suffisamment bien pour continuer à lire. Et puis le sujet de l'immigration, le défi que se lance Boum Biboum, le caractère-même de celui-ci, le drame qui vient tout anéantir, la force et le courage qu'il va falloir avoir ensuite, ont fait que je m'y suis sentie bien et que j'ai eu envie de tourner les pages de ce livre et d'aller au bout de ce roman. Avec, toujours, au coeur, cette petite musique qui ressemble étrangement à de l'espoir...

Je compte aussi cette lecture pour le Défi Premier roman de Daniel.

Le Moabi Cinéma
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Cindy Francine 29/04/2017 18:39

Comment pouvez-vous dire que littérature Africaine est "beaucoup dans l'imaginaire, dans l'extraordinaire", si vous ne la connaissez que trop peu, et devez probablement en savoir encore moins sur le continent en lui-même, son histoire, ses réalités sociales, ses enjeux geo-politiques actuels...C'est d'une aberration et d'une facilité de votre part...Imaginaire, et extraordinaire sont également les mots que des jeunes en Afrique pourraient utiliser à la lecture d'Agatha Christie, et Victor Hugo de l'epoque, ou de Marc Levy et de Lucie Castel aujourd'hui, ou de quelconque livre peignant simplement des vies occidentales. Vous avez tout à fait le droit de ne pas aimer du tout, c'est normal. Mais c'est bien le propre de l'occidental basique - nombriliste - de stigmatiser très facilement ce qui est hors de son entendement, sans volonté de le comprendre...

Martine 30/04/2017 10:28

Bonjour, Il semble que vous ayez mal interprété cet avis de lecture car, contrairement à ce que soulevez comme "une aberration et une simplicité" de ma part, je suis plutôt positive et, si j'ai effectivement eu un peu de mal à entrer dans cette lecture (à cause de mon côté trop cartésien, j'en conviens), au final je l'ai beaucoup aimée et elle m'a donné envie de poursuivre cette découverte.
Par contre votre facilité à me juger "occidental basique - nombriliste - de stigmatiser très facilement ce qui est hors de son entendement, sans volonté de le comprendre..." m'interroge assez...
Cordialement

Manika 25/04/2017 20:32

C'est vrai qu'elle est particulière cette littérature africaine peut être parce qu'on ne la connait pas assez ! j'ai du mal aussi

Martine 26/04/2017 07:42

Peut-être, oui. Mais aussi, pour moi, parce qu'elle est beaucoup dans l'imaginaire, l'extra ordinaire... Bonne journée, Manika et merci à toi