Manger une pomme

Publié le par Martine

Manger une pomme

Je vous ai déjà parlé de ce recueil d'excellentes nouvelles paru aux éditions du Jasmin "Tant qu'il y a de la vie, 13 auteurs écrivent sur l'espoir". Et je vous ai déjà dit ici aussi à plusieurs reprises tout le bien que je pense de Gaëlle Pingault et de son talent évident de nouvelliste.

La nouvelle "Manger une pomme" qu'elle a écrite pour ce recueil me permet à la fois de revenir sur ce dernier et sa grande qualité littéraire et de vous parler à nouveau de la si belle écriture de Gaëlle Pingault.

Dans un futur, que j'espère assez lointain, tout est aseptisé, inodore, uniforme. La population ne se nourrit plus que de pilules et autres sachets sans goût, sans aucune saveur. A l'exception de Papi Paul, qui, dans le plus grand secret, a réussi à aménager une serre dans laquelle il entretient un jardin et des arbres fruitiers. Ainsi, dans cette serre, quand il en ressent le besoin et l'envie, comme aujourd'hui, il cueille un fruit et le savoure lentement. Seulement Papi Paul, comme son titre l'indique, commence à être âgé. Il est seul, n'a pas d'enfant et on vient de lui découvrir un cancer. Alors, bien sûr, il s'inquiète. Cette serre, ce jardin, qui en prendra soin et continuera de l'entretenir lorsqu'il ne sera plus là?

Pourtant, ce titre affectueux de "papi", c'est la petite Mia, 5 ans, qui le lui a donné, spontanément, n'écoutant que son coeur. Mia qui vient chez lui quand elle le souhaite, à l'improviste bien souvent, au risque de se faire réprimander par ses parents, Lise et Elio, qui ne voient pas d'un très bon oeil cette relation affective. 

Et c'est justement le cas aujourd'hui. Dans le feu de la conversation entre elle et Papi Paul, la fillette a laissé entendre que son père mène une activité clandestine. Ce qui déplaît fortement à ce dernier, inquiet d'être trahi par Papi Paul et d'être arrêté pour son combat secret. Mais si, finalement, chacun prenait enfin le temps de se connaître, de s'écouter, peut-être serait-il alors possible de regarder ensemble dans la même direction?...

Je ne vous cache pas que cette nouvelle m'a beaucoup surprise. Déjà ce côté "science-fiction" avec lequel j'ai beaucoup de mal habituellement et que je n'apprécie guère, que ce soit en littérature ou en film. Puis le sujet-même de cette nouvelle m'a étonnée. Et ma curiosité a été piquée. Pourquoi Gaëlle Pingault dont j'ai toujours apprécie les recueils jusqu'à présent se mettait-elle d'un coup dans ce genre littéraire? Et ensuite, comment allait-elle s'en sortir?

Et bien j'avoue que la nouvelliste a relevé ce défi haut la main. D'abord parce qu'elle a su garder l'écriture sensible, à la fois douce et tendre, teintée d'ironie et d'humour, qui est la sienne. Et parce que l'espoir, thème de ce recueil, est omniprésent dans cette nouvelle. A ce monde effrayant qu'elle nous dépeint, l'auteur lui ouvre une porte, la plus belle des portes. Et ça fonctionne à merveille! Comme quoi, oui, tant qu'il y a de la vie, et des pommes à croquer!...

 

Manger une pomme

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