Poésie urbaine

Publié le par Martine

Poésie urbaine

En cette journée de Saint-Valentin, j'ai envie de vous parler de poésie. Si! Si! De poésie! Urbaine, cependant. Si! si! C'est possible! Surtout quand c'est Gaëlle Pingault qui écrit et que ce sont les éditions Quadrature qui publient.

Il y a d'abord Alice, esthéticienne, qui traverse Paris, d'Aubervilliers à Maison-Blanche, sur la ligne 7 du métro. Tous les jours, aller et retour. Sur cette même ligne, il y a Nadya, qui monte dans la même rame et effectue un court trajet, le temps de quelques stations, au côté d'Alice.

Elles ne se connaissent pas. Du moins pas encore. Elles ont un point en commun. Mais elles ne le savent pas. Du moins, pas encore... Toujours est-il que c'est Nadya, en larmes qu'elle s'efforce de contenir ou tout au moins de cacher, qui remarque en premier Alice. Qui s'interroge sur elle. Et davantage encore quand Alice lui sourit. Alice qui a déjà vu Nadya dans cette rame de métro, qui s'interroge aussi, un peu, sur les larmes cachées de la jeune fille-femme, surtout quand celle-ci lui tend le papier qu'elle vient de déchirer de son carnet de dessin. Ce papier sur lequel Nadya a écrit d'une main ferme "Ce monde-là Souvent Ne me va pas". Des mots qui émeuvent Alice. Forcément. Qui lui font monter les larmes aux yeux. Pour leur poésie. Cette même poésie qui envahit les murs des stations de métro depuis qu'un jeune directeur de comm' en a eu l'idée pour embellir les journées des usagers. Du moins selon l'interprétation que s'en est faite Alice. 

Poésie classique posée sur les murs du métro. Poésie actuelle s'insinuant entre deux femmes, deux inconnues, qui va les rapprocher. Poésies surprises ici et là au gré des textes courts que Gaëlle Pingault glisse entre deux "poésies urbaines", au rythme de la rencontre réelle ou simplement possible entre Alice et Nadya, au rythme de ces trajets quotidiens sur la ligne 7, de ces regards croisés furtivement, de ces attitudes qui interpellent le temps de ce regard et qu'on oublie tout aussi vite.

Toute cette poésie, imposée ou ressentie, Gaëlle Pingault nous l'offre généreusement, dans un grand élan de tendresse et d'émotions, de sourires et de tristesse. De détresse aussi parfois. De bonheur également. Dans ce recueil qui se nomme si justement "Avant de quitter la rame" quand tout est encore là, si fugitif et pourtant si présent. La vie.

 

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Manika 16/02/2017 09:41

Merci pour ce post aussi poétique dans le fond que dans la forme. Belle journée

Martine 17/02/2017 18:02

Merci à toi, Manika! Bon week-end!

Anita CONAN 15/02/2017 18:14

Merci de ce conseil de lecture , je l ai téléchargé hier soir sur ma liseuse et lu dans la foulée ....une pure merveille , je me suis régalée comme avec un beau et bon chocolat ....MERCI
Amitiés

Martine 16/02/2017 07:55

Oh merci, Anita! Voici un commentaire qui me comble de joie ce matin! Merci beaucoup!