La maison au toit rouge

Publié le par Martine

La maison au toit rouge

Comment trouver les bons mots pour parler de poésie, de délicatesse, d'émotion, sans avoir l'air d'en faire trop et sans vouloir en dire trop?

Poésie, délicatesse, émotion, c'est ce qui se dégage de ce superbe film "La maison au toit rouge" que je viens de voir en version DVD originale sous-titrée. Un film japonais de Yogi Yamada, primé Ours d'Argent du Festival de Berlin en 2014, Prix d'Interprétation féminine. 

Adaptée du roman éponyme de Kyoko Nakajima (éditions Le Seuil-2015 pour la traduction française de Sophie Rèfle), cette histoire se déroule au Japon et couvre essentiellement la période 1936-1943.

L'histoire commence lors des funérailles de la vieille Taki, restée seule toute sa vie passée à s'occuper de ses neveux et nièce qu'elle chérissait tendrement. Alors que tous trois s'occupent de débarrasser la maison de leur vieille tante, désormais inhabitée, un de ses neveux trouve les cahiers dans lesquels il l'avait invitée à consigner ses souvenirs...

A tout juste 18 ans, en cet hiver 1936, la jeune Taki doit quitter sa famille et sa région en province pour travailler comme bonne à tout faire chez un vieil écrivain et son épouse à Tokyo. Mais, ayant déjà deux autres domestiques à leur service, le couple la confie à leur nièce Tokiko, jeune épouse de Mamaki Hirai avec qui elle a un jeune fils de 4 ans. Immédiatement Taki est séduite par la belle maison au toit rouge, de type occidental, dans laquelle résident ses nouveaux employeurs. Sentiment renforcé par la belle entente qui s'installe de suite entre elle et sa jeune patronne, et encore plus quand Kyoichi, le petit garçon de Tokiko, perd l'usage de ses jambes suite à une crise de poliomyélite et qu'il n'arrive à être soulagé que grâce aux massages répétés de Taki.

La vie dans la petite maison au toit rouge s'écoule ainsi, entre deux crises de jalousie de la soeur aînée de Tokiko qui ne supporte pas le bonheur apparent de Tokiko, et les réceptions professionnelles que doit organiser Tokiko pour son mari, directeur adjoint d'une importante usine de fabrication de jouets. Mais cette belle harmonie est troublée le jour où Mamaki convie chez lui le jeune et charmant Itakura, nouvellement recruté dans son usine. De suite Taki est attirée par le jeune homme qui, lui, ne semble avoir d'yeux que pour la belle Tokiko. Comprenant bien qu'une alliance entre elle et Itakura est impossible du fait de leur différence de situation, elle assiste, impuissante, au rapprochement insidieux mais de plus en plus réel entre sa patronne et celui qu'elle aime, rapprochement de fait encouragé par Mamaki qui mise secrètement sur les compétences du jeune homme pour faire obtenir de nouveaux marchés à son usine et à son président. Mais la guerre avec la Chine s'enlise. Celle avec les Etats-Unis éclate. Et Itakura est mobilisé...

Brillamment interprété par Takako Matsu dans le rôle de Tokiko et Haru Kuroki dans celui de la jeune Taki, ce film évoque avec une grande pudeur cette histoire d'amour impossible, que ce soit entre Tokiko et Itakura ou entre Taki et le même Itakura. Le thème de l'amour "à trois" (deux femmes pour le même homme) a déjà été longuement et largement traité au cinéma. La différence est que, dans ce film, il est traité avec une grande poésie et beaucoup de tendresse et d'émotion. Et puis, il s'inscrit dans une période encore trop méconnue (du moins pour moi) de cette Deuxième Guerre mondiale vécue du côté du Pacifique...

DVD emprunté à ma médiathèque La Passerelle (réseau de Valence Romans agglo)

Publié dans Pages d'histoires

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