Petit pays

Publié le par Martine

Petit pays

Je continue de rattraper mon retard dans mes chroniques pour les 68 premières fois avec ce premier roman de Gaël Faye, paru chez Grasset, qui a fait l'unanimité chez les Doux et Dingues des 68 mais aussi chez tous les autres lecteurs puisqu'il a déjà reçu plusieurs prix littéraires.

Mon souci, quand je lis un roman après avoir entendu et lu des avis aussi enthousiastes, c'est que "la sauce" ne prenne pas avec moi et que la-dite lecture me déçoive. Cela n'a par bonheur pas été le cas avec ce "Petit pays" et je m'en réjouis, même si avoir lu ce roman ces jours derniers y a apporté une résonance particulière, liée à l'actualité terrible qui nous submerge en ce moment.

Ce "Petit pays"-ci, c'est le Burundi, petit pays africain, à proximité du Rwanda. C'est là à Bujumbura que grandit Gabriel "Gaby", dans l'insouciance de ses 11 ans en cette année 1993. Et c'est bien ce qui est le plus terrible dans ce roman, toute cette légèreté, toute cette innocence qui vont se trouver confrontées insidieusement d'abord puis de manière de plus en plus marquée, de plus en plus forte, à une réalité dure, intransigeante et cruelle, celle de la guerre qui éclate suite au coup d'état, celle du génocide pas vraiment nommé mais si présent.

Bien sûr j'ai aimé cette lecture. Je me suis attachée à Gaby. Avec lui, j'ai partagé ces injustices, ses incompréhensions d'enfant, ses questionnements sans réponses. J'ai souri, ri d'abord, puis tremblé, craint, été horrifiée, refusant de croire ce que les mots écrits me disaient, trouvant un écho terrible avec ce que j'entends et lis aux informations quotidiennes. Un jour ici, un autre là, quelle que soit la partie du monde concernée, quelle que soit l'époque, les mêmes erreurs sont commises, les mêmes atrocités. Pourquoi ne tire-t-on jamais de leçons de l'Histoire? On a beau dire "plus jamais ça" mais rien n'y fait, ça ne marche pas, rien ne change et on recommence ici, là, ailleurs...

Le grand atout de ce roman, c'est l'écriture de Gaël Faye, belle, claire, lumineuse, puissante. Des mots qui portent. Des mots qui touchent. Des mots qui disent, même ce qu'il ne faudrait pas dire et qui, du coup, nous émeuvent davantage encore. 

J'ai lu ce roman en étant un peu malade ce week-end, "grippée", et par moments, croyez-moi, si ma fièvre est montée, ce n'était pas à cause de ce gros rhume, mais tout simplement par la puissance d'écriture de Gaël Faye. "J'étais" Gaby et tous ses compagnons d'infortune. C'est bien à ça qu'on reconnait un grand roman, n'est-ce pas? 

 

 

Petit pays
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Binchy 20/12/2016 21:30

Le GROS COUP de COEUR de la Librairie Passerelles de Vienne ! Un ouvrage que bien évidemment je vais lire.
J'ai lu ta chronique avec beaucoup d'émotions. Quand cela va-t'il en effet un jour s'arrêter ? Dingue !
Je te souhaite tout de même de douces fêtes de fin d'année avec les tiens. Des fêtes remplies d'amour en toute simplicité.
Je t'embrasse très très fort Martine.
Bernadette.

Martine 21/12/2016 18:56

ça ne m'étonne pas, Bernadette! les libraires de ta librairie Passerelles ont un goût très sûr et sont d'excellent conseil. Toi aussi, tu vas aimer ce roman. il est tellement fort, tellement bouleversant. Je te souhaite une belle soirée et je t'embrasse très fort