Lithium

Publié le par Martine

Lithium

Retour aux premiers romans avec Charlotte, Nicole et Eglantine, autour de "Lithium" d'Aurélien Gougaud, paru chez Albin Michel.

Deux personnes, Il et Elle, à Paris, maintenant, avec qui on fait connaissance le temps d'une semaine, Lui, Il donc, est un jeune diplômé, un peu désabusé, un peu désorienté, pas franchement décidé à se jeter dans le monde du travail. Elle, tout aussi jeune, tout autant paumée mais qui le cache sous un cynisme effarant, parant ainsi à toute volonté d'aller gratter sous sa carapace.

Chacun a sa vie. Chacun mène sa vie, ou se laisse mener par elle. Chacun de son côté, et pourtant pas très éloigné l'un de l'autre. De fait, leur rencontre, improbable au vu des milliers d'habitants de notre capitale, cette rencontre va se faire. Au cours d'une soirée organisée par des relations communes, autour d'une cigarette échangée, peu importe. Ce qui compte, c'est que cette rencontre ait lieu et que, de cette rencontre, la fissure dans leurs deux vies monotones, grises, fausses se fasse et ouvre une brèche vers quelque chose de plus fort, de plus vivant, une sincérité qui les surprend, les effraie un peu mais à laquelle ils s'attachent et se laissent aller. Complètement?

Quand j'ai commencé cette lecture, j'ai eu peur. Encore un roman sur ces jeunes gens froids, calculateurs, avides de tout et insensibles à ceux qui les entourent, ai-je pensé. Et puis, non. Au fur et à mesure que j'avançais dans cette lecture, l'émotion a percé et je me suis laissée prendre bien volontiers à cette histoire hors du commun et pourtant universelle. Une rencontre. La rencontre entre deux êtres que rien ne portait à se rencontrer justement. Deux êtres qui auraient pu, dû, se laisser porter par leur vie et qui, parce qu'ils se sont rencontrés, vont se confronter à cette vie, à des sentiments qu'ils n'avaient jamais, ou si peu, éprouvés, à des émotions dont ils ne voulaient pas, dont ils se protégeaient, mal, mais avec adresse.

Et puis, il y a Paris. Ce Paris que je connais, de Bastille à République, en longeant vers le Canal Saint-Martin. Ces terrasses de café, ces lieux, je les visualisais aisément, me retrouvant ainsi proche de ces deux jeunes gens, plus proche peut-être que ce qu'il fallait. Mais l'acceptant bien volontiers, portée comme je l'étais par cette belle histoire et l'écriture si juste d'Aurélien Gougaud. 

 

Lithium

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Noukette 04/11/2016 12:04

Je suis passe complètement à côté... D'ailleurs je crois que je n'en parlerai pas...

Martine 04/11/2016 16:36

J'ai eu peur aussi au début et puis... j'y ai cru! :-)

Yueyin 04/11/2016 07:57

Interessant :-)

Martine 04/11/2016 16:36

Merci :-)