Rose Valland

Publié le par Martine

Rose Valland

De son titre complet "Une Résistante sauve des oeuvres d'art. Rose Valland", ce roman paru chez Oskar Editeur s'adresse, sous la plume de Mano Gentil, à des jeunes lecteurs à partir de 9-10 ans.

Attachée de conservation au musée du Jeu de Paume situé dans le jardin des Tuileries à Paris, Rose Valland, née à Saint-Etienne-de-Saint-Geoir près de Grenoble, a bien du mal à cacher sa répulsion quand l'armée allemande envahit son musée en ce 1er novembre 1940. En effet sous les ordres de l'arrogant Alfred Rosenberg, haut fonctionnaire nazi, ces soldats sont là pour une seule et unique raison : dépouiller la France et ses ressortissants juifs de ses oeuvres d'art pour les transporter en Allemagne et en faire la gloire du 3e Reich.

Sous le regard approbateur et admiratif de son supérieur Jacques Jaujard, directeur des Musées nationaux, la jeune femme ne va avoir de cesse, mettant ainsi à profit son physique quelconque, de noter, consigner chaque oeuvre spoliée, de recueillir toutes les informations inhérentes à leur transfert (sa pratique de la langue allemande se révélant fort utile) afin, une fois la guerre finie de rapatrier ces oeuvres d'art en France et de les restituer (dans la mesure du possible) à leur propriétaire légitime.

Avec force détails, recherches documentaires, argumentations, Mano Gentil permet de découvrir ce destin exceptionnel, hors du commun. Celui d'une femme qui refuse la capitulation, qui dit non à l'Occupant, qui s'expose avec ruse et délicatesse à la pire des condamnations et qui n'aura pas assez de toute sa vie pour rétablir un ordre des choses qui n'aurait jamais dû bouger ni être bouleversé.

Le texte est clair, sans faux-semblants, nommant les choses, les situations, les événements, les fonctions par leur nom (un lexique à la fin du roman permet d'ailleurs d'aller en chercher le sens ou la signification si besoin), d'un réalisme effrayant, restituant au mieux les émotions éprouvées par Rose, de l'horreur ressentie en présence des nazis à l'enthousiasme déployé pour récupérer les oeuvres spoliées et à la petite fierté, bien légitime, qu'elle éprouvera lorsqu'un film "Le Train" sera adapté de ce haut fait de Résistance en 1961.

Toujours dans cette perspective d'honnêteté et d'authenticité, Mano Gentil aborde également la vie privée de Rose Valland, dans un bel esprit de fidélité et de reconnaissance.

Un roman certes, une écriture sensible et remarquable, oui, mais surtout un destin d'exception à faire connaître aux jeunes générations. Pour l'exemple. Pour savoir. Et pour ne pas oublier.

Je remercie Mano Gentil pour m'avoir offert ce roman lors de la Rentrée des auteurs, organisée par l'ARALD, le 12 septembre dernier au TNP de Villeurbanne.

Commenter cet article