Les roses sont éternelles

Publié le par Martine

Les roses sont éternelles

J'ai commencé hier soir un roman qui parle de lectures soignantes, apaisantes. C'est l'effet qu'a eu sur moi ce nouveau recueil que publie Françoise Bourdon dans la belle collection France de toujours et d'aujourd'hui des éditions Calmann-lévy : "Les roses sont éternelles".

La couverture d'abord : le vert de l'espoir en fondu, le rouge éclatant de la fougue, et de l'amour porté par ces roses. Et cette femme qui nous tourne le dos, partant vers un destin qu'on ne peut que lui souhaiter heureux...

Si Françoise Bourdon nous a habitués à des romans foisonnants, des sagas pleines de rebondissements, c'est un recueil de quatre nouvelles qu'elle nous propose, réunies dans ce recueil. Un genre littéraire réputé difficile dans lequel elle excelle également.

Quatre nouvelles, quatre histoires de femmes, d'hommes, de vies portées (et malmenées) par l'Histoire, à des périodes différentes, se déroulant dans ma Drôme et cette belle région provençale que j'ai la chance de voisiner.

"Le temps des violettes", la première (et la plus longue) de ces nouvelles, nous fait rencontrer Aurélie, fille de Charles Legendre, élevée par sa tante Tempérance depuis le décès de la mère de la jeune fille quand elle n'était encore que fillette. A présent Aurélie a 16 ans et aime d'un amour sincère son ami d'enfance, Fabien. Tous deux rêvent de mariage, de bonheur commun. Mais, en cette année 1804, les guerres napoléoniennes font rage. Fabien, de milieu plus modeste, accepte de vendre son bon numéro à très bon prix au bénéfice de sa mère veuve et de ses frère et sœurs plus jeunes et part à la guerre. Au désespoir d'Aurélie et au soulagement de sa tante qui rêve d'une bien meilleure union, socialement parlant, pour sa nièce. De longues années s'annoncent pour Aurélie et Fabien. Se reverront-ils un jour?...

Dans "Les roses sont éternelles", deuxième nouvelle qui a donné son titre au recueil, c'est avec Hector que nous avons rendez-vous. Veuf de Colombe épouse tendrement chérie, brouillé avec son fils unique, il se retrouve bien seul le jour où l'âge le contraint à fermer l'atelier de potier transmis de génération en génération. Plus personne pour poursuivre la tradition familiale après lui. Une réconciliation avec Marceau, son fils devenu avocat, s'avère-t-elle possible?

"La douce violence des souvenirs" nous emmène en 1916 au Jas des Muletiers où Félicien vit des jours bien mornes et monotones depuis que Julien, son fils unique, est tombé lors des premiers mois de guerre, et que sa chère épouse l'a suivi dans cet autre monde immédiatement après l'annonce, terrible. Sa rencontre avec Pierre, dit Pierrot, jeune garçon arrivé de ses Ardennes natales avec sa mère pour fuir les dangers du conflit, lui apportera-t-elle quelques dernières (ou nouvelles) joies?

Et c'est à Romans, dans ma Drôme, tout près de chez moi, qu'on fait connaissance avec Madeleine, jeune employée d'une usine de chaussures, mère célibataire d'Antoine dans "Les souliers de Madeleine". Ce qui est très mal vu au début du XXe siècle, même si le père du garçonnet est tombé pour la France pendant le premier conflit mondial. De toutes façons, il n'est pas sûr du tout que ce dernier ait pu épouser une simple ouvrière, étant lui-même né dans une famille aisée de Bourg de Péage. En parallèle, on suit le destin de Méliné, son petit-fils Andranik et son cousin Djebraiël, arméniens ayant fui le génocide de 1915 et venus s'installer à Romans. Une belle histoire sur fond de drames historiques.

Quatre nouvelles différentes, qui toutes ont pour point commun l'amour. Celui qui unit un homme et une femme. Celui que l'on ressent pour sa famille, ses proches. Celui plus patriote. Celui du travail bien fait. Celui de sa terre. L'amour donc et le respect. Deux valeurs fortes que Françoise Bourdon porte en elle et nous fait si bien ressentir, éprouver envers et vis à vis de tous ses personnages.

Si on ajoute à cela une merveilleuse écriture, sublimée par la beauté des sentiments retranscrits, élevée par les qualités de générosité, d'altruisme, d'écoute et d'humanisme que l'on partage forcément avec ces humbles et pourtant magnifiques personnages,  vous comprenez le coup de cœur, énorme, que cette lecture m'a fait ressentir.

 

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Philippe D 19/10/2016 21:36

J'aime bien cette auteure. Je découvrirais ses nouvelles avec plaisir...

Martine 20/10/2016 11:49

Et tu les aimeras aussi!!! Merci Philippe

Binchy 19/10/2016 14:43

Quelle belle chronique Martine ! Très détaillée qui me replonge dans cet excellent roman que j'ai adoré ! Un roman rempli d'humanité, d'espoir ! A lire absolument ! Il nous apporte beaucoup, nous apprend beaucoup et nous réconforte.
Je te souhaite un bel après-midi et je t'embrasse très fort.
Bernadette.

Binchy 19/10/2016 18:26

Oui tout-à-fait ! Mais se lit comme un roman ! J'ai vraiment tout comme toi : adoré !!!
Je t'embrasse encore très fort.
Bernadette.

Martine 19/10/2016 18:20

Merci beaucoup, Bernadette, pour ton enthousiasme si communicatif! Juste une précision, il s'agit bien d'un recueil de 4 nouvelles et pas d'un roman. Mais ces quatre histoires sont merveilleuses. Je suis bien d'accord. Je te souhaite une belle soirée et je t'embrasse bien fort