Souviens-toi que tu dois mourir

Publié le par Martine

Souviens-toi que tu dois mourir

En ce 1er octobre 1999, le commissaire Michele Ferrara, sicilien de naissance mais œuvrant à Florence, est tout heureux d'annoncer à son épouse Petra que, ce jour-là, il va rentrer partager son repas de midi avec elle. Ce qui, en soit, constitue déjà un événement exceptionnel pour le couple. Mais leur joie est de courte durée. Au courrier du jour en effet le commissaire reçoit une lettre anonyme, criblée de tâches de peinture rouge vif, lui annonçant "Memento mori. Souviens-toi que tu dois mourir." Voilà de quoi refroidir l'ambiance.

Son inquiétude est de courte durée car, cette après-midi-là, Ferrara est appelé à Greve in Chianti, à proximité de Florence, sur le crime horrible par 36 coups de couteau et le visage complètement défiguré de Stefano Micali dont l'homosexualité est vite révélée. L'enquête est confiée à Ferrara.

Ce même 1er octobre en fin de journée, le meilleur ami de Ferrara, le libraire Massimo Verga charmant et charmeur, reçoit la visite d'une jeune cliente, étudiante en Histoire de l'Art d'une beauté stupéfiante, Valentina Preti, accompagnée, dans une Porsche somptueuse, d'un jeune homme à la beauté tout aussi surprenante mais cachant un regard bleu glacial derrière des lunettes de soleil malgré la nuit tombante, Mike Ross.

Pour Ferrara que ses collègues policiers et les journalistes surnomment "le Chat" pour ses manières et son regard inquisiteur proches de ceux du félin et pour sa patience avérée dans la résolution de la fameuse énigme du "monstre de Florence" quelques temps auparavant, cette nouvelle enquête prend une tournure de plus en plus personnelle quand un deuxième crime, tout aussi terrifiant, est commis, puis un troisième et un quatrième, toujours sur de jeunes homosexuels, associant à chaque fois le commissaire par une lettre anonyme de plus en plus précise, le prévenant qu'il serait le dernier à mourir. L'hypothèse d'un tueur en série se confirme quand Ferrara découvre que les coups de couteau infligés aux victimes forment, successivement, les quatre premières lettres de son nom. 7 lettres. 7 vies pour "le Chat". L'angoisse monte. Et Ferrara va devoir se confronter à un adversaire sournois, terrifiant et particulièrement déshumanisé.

En cette fin de XXe siècle, malgré le passage à l'an 2000, l'homosexualité est encore très mal perçue. Ses interférences avec l'Eglise ne doivent absolument pas être dévoilées. Et le commissaire Ferrara doit alors naviguer à vue, isolé par sa hiérarchie. Heureusement il va pouvoir compter sur son équipe, ses collègues œuvrant sur d'autres secteurs et sur l'aide inattendue de son meilleur ami. Car, bien sûr, dans ce suspense parfaitement maîtrisé et conduit, le hasard n'a pas sa place et ce qui nous parait comme de simples anecdotes, pour nous faire sourire, pour alléger la tension extrêmement pesante de ce récit, prend alors tout son intérêt et les pièces du puzzle s'assemblent, comme par magie.

Un excellent polar que ce roman de Michele Giuttari paru chez Albin Michel en 2005 et que je compte pour le challenge Polars et Thrillers de Sharon.

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