Le syndrome de la vitre étoilée

Publié le par Martine

Le syndrome de la vitre étoilée

Le syndrome de la vitre étoilée " C'est quand tout est brisé à l'intérieur alors qu'à l'extérieur tout semble tenir." Sur cette simple définition, claire et sans appel, Sophie Adriansen écrit un roman fort, puissant, prenant et bouleversant. Sur une construction narrative intimiste, confidentielle, la jeune auteur offre un récit réaliste, où la souffrance affleure derrière chaque mot, chaque phrase, et cependant rempli d'espoir, même quand il semble avoir complètement disparu. Ce roman, paru chez Fleuve Editions, c'est un témoignage, un parcours de vie, commun à de (trop) nombreuses jeunes personnes, un chemin évident qui n'a plus rien d'une évidence.

Ce qui n'aurait dû être qu'une simple amourette de vacances pour Stéphanie et Guillaume s'est révélé comme une belle, grande et forte histoire d'amour. 10 ans plus tard, leur couple semble d'une solidité à toute épreuve. Alors quand, autour d'eux, leurs couples amis deviennent tour à tour parents pour la première fois, le désir d'enfant s'installe, comme une suite logique, la concrétisation de leur amour. Seulement... les semaines, les mois, un an passent et rien. Le ventre de Stéphanie reste désespérément plat, vide. Une consultation médicale révèle que c'est du côté de Guillaume que ça ne va pas. Et commencent les examens, les analyses, les prises de sang, les rapports "sur ordonnance", les premières FIV. Et puis... le constat, amer, sombre, triste, pour l'un comme pour l'autre. Stéphanie et Guillaume ne s'aiment plus. Ce qui devait renforcer leur couple, le cimenter, cet enfant désiré ensemble, ô combien! les a en fait éloigné l'un de l'autre. Définitivement.

Ce roman, c'est aussi, et surtout, celui d'une reconstruction, d'une (re)naissance. Celle de Stéphanie. Stéphanie qui, à son corps défendant, n'a pas pu, n'a pas su tomber enceinte. Ce corps qui n'a pas répondu malgré les innombrables sollicitations. Ce corps qu'elle n'a pas su, ou pas voulu, écouter malgré tout ce qu'il avait à lui dire, Stéphanie va enfin lui porter l'attention qu'il mérite. Lâcher prise,. Revenir au monde, à la vie, à sa vie. Voilà le chemin, long et difficile, sur lequel Stéphanie s'engage pour se retrouver elle, qu'elle avait perdue dans sa quête vers l'impossible.

Dire que ce roman m'a émue ne serait pas vrai. Il m'a bouleversé à un point tel que j'ai dû attendre quelques jours après lecture pour y penser, pour en parler, pour, à mon tour, pouvoir y poser ces quelques mots. Bien sûr je sais, j'ai entendu le témoignage de personnes proches de mon entourage qui ont vécu ou vivent, peu ou prou, ce parcours du combattant, tellement froid, tellement aseptisé, tellement déshumanisé alors que faire un enfant est tout le contraire!

Pour moi qui suis tombée enceinte comme ça, en l'ayant tout juste décidé, cette lecture m'a remuée. Fortement. Ce roman, car quoi qu'on puisse penser, supposer, (même si...) cela reste un roman, m'a pris aux tripes, au cœur. Par son contenu certes et surtout. Mais aussi par sa présentation graphique, visuelle, ce carnet de bord que l'on partage avec la narratrice, Stéphanie, peuplé de constats, de citations, de souvenirs, de définitions, de maintenant. Ce journal jour après jour, ces pensées, ces réflexions posées de but en blanc sur le papier créent une relation d'intimité avec leur auteur comme il est rare d'en ressentir. Une confidence de femme à femme, en confiance absolue, sans crainte, sans tabou,.

Des faits, des sentiments, des émotions, de l'émotion, de l'espoir voilà ce nous offre Sophie Adriansen avec ce "Syndrome de la vitre étoilée" dans un immense élan de générosité et de solidarité féminine. Un pur bijou de lecture.

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