La vie est une chose minuscule

Publié le par Martine

La vie est une chose minuscule

Voici un recueil de nouvelles qui m'a laissée pantoise, m'a impressionnée, chavirée et c'est peu de le dire.

Ce recueil, paru chez Buchet-Chastel, recense les nouvelles primées pour le Prix du Jeune Ecrivain 2016 et si un classement a bien dû être effectué par les membres du jury de ce concours, toutes, à mon avis, méritaient d'avoir le Premier Prix et toutes méritent amplement cette publication tant ces textes regorgent de qualité littéraire, démontrent une écriture sensible et riche et font preuve d'une parfaite maîtrise de ce genre ô combien difficile. Leurs auteurs ont entre 17 et 25 ans. Ils résident dans un pays francophone (Québec, Belgique, Liban, Suisse, Île Maurice, Burkina Faso, et France). Et ils écrivent tous en français, un beau français, excellent, avec style, avec du rythme et avec panache. D'ailleurs, dans sa préface, Bernard Quériny nous invite à mémoriser leurs noms parce qu'à coup sûr ils seront nos écrivains de demain et je suis entièrement d'accord avec lui!

Alex Noël, Guillaume Dufour, Anne-Sophie Kalbfleisch, Joy Majdalani, Diane Giorgis, Florie Bonnel, Hadia Baïz, Thomas Beddok, Malou Boisson, Julia Faure, Aqiil Gopee, Nafissatou Faouzzia Sondo, Camille Voisin, Céline Zufferey. Retenez bien ces noms, il se pourrait que je vous en reparle très bientôt à l'occasion de la publication de leur premier roman, en cours d'écriture déjà pour certains.

Toutes ces nouvelles nous parlent de vie, d'amour, de mort, et elles le font avec évidence, avec authenticité, avec une clairvoyance vraiment étonnante au vu de l'âge de leurs auteurs. Toutes ces nouvelles m'ont émue, à des degrés divers certes mais l'émotion s'est trouvée au rendez-vous à chaque fois et j'ai dû interrompre ma lecture à plusieurs reprises, poser ce recueil pour respirer après chaque lecture, me retrouver et digérer, accepter les mots que je venais de lire.

Je ne vous les détaillerai pas toutes ici. Elles méritent. Elles doivent être lues. Je partagerai simplement les trois qui, toujours selon moi, possèdent une qualité supplémentaire par rapport aux autres, mais à peine tant, j'insiste, tous ces textes sont impressionnants et bouleversants.

La première, c'est celle d'Alex Noël, classée en premier dans le recueil et qui lui donne son titre "La vie est une chose minuscule". Un texte fort, prenant, insidieux et d'une réalité incroyable qui nous happe, nous capture et nous retient par une simple date "l'année 1960" dont on ne saura rien jusqu'au bout mais dont la chute apporte cependant un apaisement bienvenu après la tension extrême des quelque 35 pages qui l'ont précédée.

La deuxième "Jusqu'à ce que la mort nous sépare" est la dernière du recueil. Signée Céline Zufferey, elle pointe avec une authenticité bouleversante la douleur de la perte, le deuil et le refus de son acceptation, et bien au-delà encore la recherche insensée de ce qui pourra combler cette cruelle et irrévocable absence.

Et je retiens aussi "Vous reprendrez bien quelques paillettes" signée Camille Voisin, tout simplement parce qu'elle me réconcilie presque avec un genre que je n'affectionne pas, celui de la science-fiction. Dans un futur (que j'espère ne jamais voir survenir mais qui nous semble cependant assez proche), la jeune auteure pointe efficacement les dégâts majeurs et inéluctables de la télé-réalité. Et ça fonctionne rudement bien. Croyez-moi!

Je ne connaissais pas l'existence de ce Prix du Jeune Écrivain, organisé à Muret, mais au vu de cette lecture, je ne manquerai pas désormais de m'en tenir informée.

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Manika 27/08/2016 17:33

J'aime bien les nouvelles

Martine 28/08/2016 12:22

Moi aussi ;-) Bon dimanche, Manika!

Missboutons 22/08/2016 00:42

Merci, très souvent tes articles me guident dans l'achat de mes livres :)

Martine 22/08/2016 10:56

Tu m'en vois vraiment ravie! Merci!

Emma 21/08/2016 14:30

Je ne connaissais pas non plus, à retenir donc, merci.

Martine 22/08/2016 10:55

Avec plaisir! Merci Emma!

Emma 21/08/2016 14:30

Je ne connaissais pas non plus, à retenir donc, merci.