Giboulées de soleil

Publié le par Martine

Giboulées de soleil

Eh bien ça y est! Me voici parvenue au bout de cette sélection de rentrée d'hiver des premiers romans avec les 68 premières fois initiées et portées haut la main par Charlotte, Nicole et Églantine. Et, par chance (mais je l'ai un peu aiguillée), je termine cette sélection par une petite merveille de littérature avec ce premier roman de Lenka Hornakova-Civade "Giboulées de soleil" paru chez Alma Editeur.

Trois parties, trois livres, trois récits composent ce roman : ceux de Magdalena, Libuse et Eva, portées en filigrane par la présence sous-jacente et omniprésente de Marie, mère de Magdalena, grand-mère de Libuse et arrière grand-mère d'Eva.

Trois femmes, trois destins de mère en fille, de fille en mère, qui se distinguent toutes les trois par cette singularité de naître de père inconnu dans un pays, la Tchécoslovaquie, où cette situation était très mal considérée, et à différentes époques successives du XXe siècle, traversant ainsi le Deuxième Conflit mondial, le poids du communisme et l'ouverture sur l'Europe en pleine construction. Trois femmes d'exception, trois vies difficiles, confrontées à bien des défis, bien des choix, trois femmes qui, tour à tour, s'exposent, luttent, s'affirment et accomplissent leur destin avec fougue, passion, hargne. Et fierté!

Ce roman se lit comme une saga, une page d'Histoire dans laquelle se greffent ces histoires personnelles, ces trois récits de vie narrés à la première personne du singulier. Et c'est ce qui en fait à la fois sa force et sa singularité. D'entrée on se laisse prendre et emporter par la voix de Magdalena. On découvre la vie dans ce pays sous l'Occupation nazie. Et c'est une première page d'Histoire qui s'ouvre à nous. Bien sûr on sait que ce Deuxième Conflit du XXe siècle fut aussi mondial. Mais, pour ma part, j'ai davantage et beaucoup lu sur cette période de guerre en France. Découvrir les exactions nazies, les souffrances du peuple dans un pays autre est donc assez nouveau pour moi. Et c'est par la littérature que j'en prends connaissance, que je m'en imprègne. Par les mots que l'auteur pose sur cette période terrible. Une sensibilité étonnante et poignante. Le passage sous le joug communiste en devient ensuite une conséquence non pas évidente mais somme toute assez logique. Et c'est avec Libuse qu'on le vit, qu'on le découvre, qu'on l'expérimente. Et la reconstruction, l'évolution des mœurs même s'il y a encore beaucoup à faire, beaucoup à en dire, Eva nous y confronte et nous met face à des situations assez incroyables. Avec elle, on les savoure, ces instants. On les maudit aussi. Et on en espère beaucoup.

J'ai vraiment aimé cette lecture, vite lue, happée par ces récits, nouveaux pour moi, et tellement enrichissants par tout ce qu'ils m'ont fait découvrir, vivre et ressentir. Lenka Hornakova-Civade possède une très belle écriture, foisonnante et bouleversante. Et je suis heureuse de la connaitre grâce à cette aventure dingue des 68 premières fois!

Giboulées de soleil

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Binchy 12/08/2016 14:52

C'est vraiment dommage que tu n'habites pas Vienne ou les environs car Lise-Marie et Murielle seraient heureuses de te recevoir lors des apéritifs littéraires. Tu es géniale ! Tu lis beaucoup et c'est vraiment très bien. Tu pourrais nous présenter toutes tes lectures en public avec elles.
Je te souhaite une très bonne continuation Martine, un très bon week-end.
Je t'embrasse très fort.
Bernadette.

Martine 13/08/2016 10:20

Merci beaucoup, chère Bernadette! Ton enthousiasme me touchent énormément. Je vais essayer de venir plus régulièrement cette année mais, tu sais, c'est toujours en fonction de mon travail! Je t'embrasse très fort et te souhaite un très bon week-end