L'empoisonneuse d'Istanbul

Publié le par Martine

L'empoisonneuse d'Istanbul

Il y a des personnages de romans que j'apprécie particulièrement et que j'ai toujours grand plaisir à retrouver! Comme si je revoyais un ami! Et le roman policier renforce ce sentiment. J'en veux pour preuve mon cher commissaire Montalbano en Sicile, mais aussi son confrère Guido Brunetti à Venise, et encore leur homologue grec, Kostas Charitos, que m'ont fait rencontrer Yueyin et Cryssilda pour leur Année grecque, et avec qui je viens de passer un passionnant week-end!

Pas de voyage en Grèce cependant avec cette "Empoisonneuse d'Istanbul" mais bel et bien en Turquie, à Istanbul donc, ou plutôt Constantinople comme continuent à la nommer les Grecs et les Roums (Grecs vivant en Turquie), là où le commissaire Charitos a emmené en excursion touristique sa douce moitié pour prendre un peu de distance avec les remous familiaux créés par leur fille unique Katerina en refusant de se marier religieusement devant le Pope.

Si ce voyage touristique a plutôt bien commencé pour le couple Charitos, celui-ci se fait vite rattraper par le vieil adage "Chassez le naturel, il revient au galop" quand le commissaire est contacté par un vieil écrivain inquiet pour celle qui s'est occupée de lui dans son enfance, une nonagénaire roum nommée Maria Chabou, qui a disparu après avoir empoisonné son frère avec une pita parfumée au paration. Un deuxième empoisonnement sur la cousine de Maria Chabou porte les soupçons sur cette dernière et notre commissaire se voit contraint de collaborer avec la police turque, en la personne de l'inspecteur Murat, et définitivement lorsque, cette nouvelle fois, un Turc est assassiné selon le même mode opératoire. Il faut donc à tout prix éviter l'incident diplomatique entre la Turquie et la Grèce et arrêter cette empoisonneuse si particulière!

Ce qui déplaît fortement à Adriani, épouse du commissaire! Et davantage encore quand celui-ci doit prolonger leur séjour pour cette enquête et que, chez eux à Athènes, leur fille Katerina a enfin cédé à la pression familiale et accepté de s'unir à son mari Phanis devant le Pope dans ... deux semaines! La course contre la montre a démarré!

Ce roman de Petros Markaris est paru en 2008 en Grèce et en 2010 pour sa traduction française chez Seuil Policiers. Soit avant la trilogie de la crise (devenue ensuite tétralogie) dont je vous ai déjà parlé sur ce blog. Tout va encore assez bien chez nos voisins hellènes, la preuve, notre commissaire Charitos s'offre un voyage touristique en couple et nous le fait partager par la même occasion!

A nous donc les descriptions d'Istanbul/Constantinople perçues à la fois par le regard turc et par les yeux des Constantinopolitains. Les noms des quartiers et des différents sites touristiques dans les deux langues, les liens historiques, bénéfiques ou dramatiques qui unissent les deux communautés qui cohabitent, en minorité pour les Grecs-roums. Ce qui ne va pas sans heurts ou griefs plus ou moins affirmés.

A nous aussi, cette course poursuite après cette femme âgée de plus de 90 ans! Course poursuite qui ne manque pas d'humour malgré les meurtres successifs et malgré sa fin qui n'aura rien d'heureux!

A nous encore les sourires déclenchés par les invectives (de part et d'autre) que s'adressent Charitos et Adriani! Une relation belle, complice et débordante d'affection qu'on suit, le regard plein de tendresse.

Un beau voyage, des compagnons de route irrésistibles, une enquête palpitante, que demander de plus?!!

L'empoisonneuse d'Istanbul

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