L'heure bleue

Publié le par Martine

L'heure bleue

Les 68 premières fois se suivent et ne se ressemblent pas. Et c'est tant mieux ou bien un peu dommage! Autant j'ai vibré, tremblé, été bouleversée avec "Le grand marin" de Catherine Poulain, autant "L'heure bleue" d'Elsa Vasseur m'a distraite et simplement fait passer une agréable soirée lecture. De fait c'est ce qu'on demande en premier à un roman, et c'est donc réussi. Mais cette aventure des 68 premières fois avec Charlotte, Nicole et Eglantine nous tire vraiment vers le haut, nous rend, nous lectrices et lecteurs, plus exigeant(e)s (en plus de développer notre rythme de lecture de manière réellement incroyable). Alors c'est vrai, j'avoue, ce premier roman d'Elsa Vasseur, paru chez Robert Laffont, m'a un peu déçue et ne me laissera pas un souvenir impérissable.Pourtant son titre et sa couverture constituent une véritable invitation aux vacances (et Dieu sait si j'en rêve ces derniers temps!!!), à la détente, au farniente... Et l'idée de base est bonne.

Zoé lycéenne de 17 ans vient de passer son bac et part, sur l'invitation de son amie Lise, sur l'île privée grecque de Dolos pour à la fois travailler comme baby-sitter du neveu de Lise chez la famille Stein et profiter de ce cadre exceptionnel aux couleurs de paradis. Mais cela s'arrête là. Car de paradis, il n'en est point. Bien au contraire. Dès son arrivée, Zoé surprend des réflexions, des commentaires, des attitudes, des silences gênés lorsqu'elle arrive qui la mettent de suite assez mal à l'aise. Ces silences, ces bouts de discussions interrompues s'aggravent encore lorsque intervient Rose, sœur aînée de Lise et mère du petit Ben sur qui Zoé doit veiller. Cette belle jeune femme a le don d'augmenter ce malaise par ses propos apparemment décousus, ses réactions inattendues et incohérentes. Sont-ce les effets de la dépression qui l'accable? C'est ce que veut penser Zoé et ce qu'Adam, mari de Rose, veut bien qu'elle croit, lui qui semble être la seule personne de bon sens dans cette étrange famille et dans cette atmosphère pesante.

Et, du coup, Zoé s'interroge. Pourquoi la baby-siiter habituelle de Ben est-elle partie subitement? Qu'a-t-il bien pu se passer de si grave, de si terrible pour que Rose se retrouve dans cet état-là? Que se cache-t-il derrière les murs de cette splendide propriété privée? Zoé va l'apprendre à ses risques et périls. Car le moins qu'on puisse dire, c'est que rien n'est anodin dans cette histoire. Et surtout pas la présence de Zoé sur cette île, au sein de cette famille fortunée certes, perturbée oui, heureuse non. Et quand de tels ingrédients sont réunis, tout peut arriver...

En refermant ce roman, je me suis fait la réflexion qu'il serait amusant de lire également des premiers thrillers. Car celui-ci n'en est pas loin finalement. Il dégage du suspense, pique notre curiosité et retient ainsi notre attention tout du long. Certaines faiblesses, certaines situations convenues en cassent un peu parfois le rythme et les effets. Mais l'auteur est jeune (26 ans nous dit la quatrième de couv') et ne peut que progresser. Elsa Vasseur a pour elle une écriture très agréable, sensible et une analyse psychologique de ses personnages assez fine. De quoi donc nous faire passer un bon moment de lecture.

L'heure bleue

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Cousin 24/06/2016 16:13

Bonjour, je lis régulièrement vos chroniques.
Je travaille dans une école élémentaire, votre rubrique "Lectures jeunesse" m'a guidée pour mes choix de livres cette année. J'ai lu un livre L'herbe bleue au temps très éloigné de mon adolescente (lol).
Ce livre était le journal d'une jeune droguée. Je ne pensais pas qu'on pouvait donner 2 fois le même titre.
Bonne journée
Chantal

Martine 25/06/2016 15:02

Merci beaucoup pour votre commentaire! J'ai lu également L'herbe bleue il y a bien longtemps. Et vous avez raison, je ne pense pas qu'on puisse donner le même titre à deux romans différents. C'est pourquoi celui-ci s'appelle "L'heure bleue". Je vous souhaite un bon week-end!