Bianca

Publié le par Martine

Bianca

Retour aux premiers romans et à la formidable aventure des 68 Premières fois initiée par L'Insatiable Charlotte et ses deux complices tout autant dynamiques et généreuses, Nicole et Eglantine. Et aujourd'hui c'est de ce roman fascinant "Bianca", paru chez Julliard, sous la plume prometteuse de Loulou Robert que je souhaite vous parler.

Loulou Robert, j'ai eu l'occasion de la voir et, surtout, de l'écouter lors de son passage à La Grande Librairie chez François Busnel sur France 5. Bien sûr je l'ai trouvée très belle, adorable, mais aussi émouvante dans sa façon de s'exprimer, de défendre son premier roman, elle qui, en plus d'être mannequin, doit également gérer le fait d'être la fille d'un journaliste assez connu, Denis Robert, que, pour ma part, je ne connais pas... A tout juste 20 ans, cela me semble assez lourd à porter, d'où peut-être le choix du sujet de sa "Bianca", mais il semble qu'elle y parvienne, et même plutôt bien!

"Bianca" donc. C'est le prénom d'une jeune fille de 17 ans souffrant d'anorexie et hospitalisée en hôpital psychiatrique. Dit comme ça, le roman paraît assez rédhibitoire. Eh bien, pourtant, ce n'est pas le cas! Absolument pas! Car d'abord, Bianca a pour elle un caractère bien affirmé. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle sait ce qu'elle veut et surtout ce qu'elle ne veut pas! Et, pour cela, elle cherche, provoque des situations, les analyse, les retourne, en joue, avec la complicité de ses deux amies de galère, Clara et Juliette. Autour d'elle encore, d'autres personnages, masculins cette fois, dans des rôles secondaires ou un peu moins : les jeunes Simon et Raphaël, puis Jeff, plus âgé mais autant en souffrance. Tous ont été marqués par la vie. Qu'ils aient été entraînés dans des galères sans possibilité d'en réchapper par eux-mêmes, qu'ils aient subi des sévices, des violences impensables, qu'ils aient vécu des drames, tous portent en eux une souffrance intérieure, qui s'exprime parfois bien brutalement ou de manière très provocante. Une souffrance, un traumatisme, dont ils souhaitent guérir ou pour le moins sortir.

Et puis il y a les parents de Bianca. Un homme et une femme qui souhaitent comprendre aussi pourquoi leur fille en est arrivée à ce stade d'autodestruction, qui semblent assez surpris par l'ampleur de la situation au point d'avoir demandé (et obtenu) cette hospitalisation) mais qui n'en assument cependant pas moins leur part de responsabilité;

Très franchement j'ai abordé cette lecture avec une certaine appréhension. Mais les premiers avis des 68, la prestation de son auteur Loulou Robert sur France 5 m'ont convaincue d'y aller, de me jeter à l'eau et de lire ce roman. Et j'ai vraiment bien fait d'aller au-delà de ma réserve initiale. Car ce roman, pour moi, fut d'abord la découverte d'un monde nouveau, étrange certes, mais ô combien réaliste. Il fut aussi la belle rencontre avec cette jeune fille, Bianca, si attachante à sa manière, à la fois pertinente et impertinente, et aussi avec ses compagnons d'infortune, tous blessés ou marqués pour leur vie. Surtout, cette lecture m'a permis de découvrir une belle écriture, singulière, sensible et vraiment prometteuse. Evidemment cette écriture n'est pas parfaite. Elle nous émeut cependant par ses failles qui en deviennent celles de ses protagonistes. Et elle nous bouleverse, forcément.

Et enfin, et par-dessus tout, ce roman met en exergue la difficulté à grandir, la fragilité de cette période dite d'adolescence, où l'on se cherche et où l'on se construit. Et ce dans un univers très strict, très régulé, où le personnel médical endosse plus souvent qu'à son tour le rôle du méchant, l'empêcheur de vivre et qui, néanmoins, est là aussi pour poser les limites de l'acceptable et un semblant de société.

Un premier roman vraiment fort et, je le répète, une écriture riche de promesses.

Bianca

Commenter cet article

Manika 09/06/2016 14:02

j'aime beaucoup ce genre d'histoire. merci ça donne envie

Martine 09/06/2016 17:14

Alors, fonce!!! Merci Manika!

Framboise 09/06/2016 10:54

Ton billet donne drôlement envie de découvrir cette Bianca ;-)

Martine 09/06/2016 17:14

Merci Framboise! J'ai donc atteint mon but!!! ;-)