Deux nouvelles

Publié le par Martine

Deux nouvelles

Deux nouvelles en ce jeudi férié. Deux nouvelles achetées en fin de matinée sur le site SkaEditeur (avec deux autres pas encore lues!). Deux nouvelles parues (à ma connaissance tout au moins) uniquement en version numérique.

Deux nouvelles et deux auteurs que j'apprécie bien : Jeanne Desaubry et Sylvette Heurtel, parce qu'elles excellent dans ce genre littéraire ô combien difficile. .Et deux nouvelles noires, bien noires, dans lesquelles là où la première s'illustre dans une sombre histoire d'inceste, la seconde nous happe brillamment par ses nébuleux talents culinaires.

Avec "Le roi Richard", Jeanne Desaubry nous ouvre les portes d'une habitation comme tant d'autres en ville. Sauf que derrière cette porte, habitent Richard, prétentieux, fier, imbu de lui-même, omnipotent, violent, brutal, son épouse et leurs deux filles. Et, en véritable tyran ordinaire, manipulateur, et monstre à tête humaine, Richard impose sa loi par la force et les cajoleries, à sa femme (la narratrice) battue et terrifiée, sous son emprise, et à ses filles, à qui il voue un "amour" exclusif et incestueux.

Avec en fil conducteur le récit de cette femme, la mère, depuis sa cellule de prison, l'auteur nous offre un texte puissant, fort et à la limite du supportable, touchant du doigt une situation qui est loin cependant d'être unique. Par bien des côtés, cette nouvelle m'évoque le calvaire de la petite Diana, évoqué par Alexandre Seurat dans "La maladroite". Sauf qu'ici, faute d'un autre modèle, faute de connaitre autre chose, les deux jeunes victimes, Lou-Anne et Léna, se révèlent consentantes malgré elles et, même, éprouvent quelques sentiments envers leur père, ressentant en cela le silence consentant (bien que coupable) de leur mère. Mère qui, elle, connait la vie, a vécu auparavant et n'a pour elle que l'excuse de la faiblesse et de la peur... jusqu'au dénouement.

Un sujet grave, parfaitement maîtrisé.

Nulle présence d'enfant dans "La chaîne du froid" de Sylvette Heurtel, même si on devine bien sûr que la narratrice a, elle aussi, une grave blessure d'enfance à panser. Et c'est d'ailleurs ce qu'elle fait en repérant ses proies, des hommes dans la force de l'âge, aisés, et ... infidèles dans leur couple officiel, en se faisant passer pour une prostituée de luxe, en les attirant dans son loft où elle leur cuisine un délicieux petit plat, histoire de les mettre en appétit avant de...

Là encore une belle maîtrise du genre. Un récit montant crescendo jusqu'à la chute, brutale, écœurante (les hauts le cœur ne sont pas loin, je vous le garantis!).

Des détails soignés, une recette offerte, à savourer avant cette lecture car après... vous ne le pourrez plus!

C'est à point, bleu, saignant.... comme vous voulez! Mais surtout, c'est noir, absolument.

Deux nouvelles
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Commenter cet article

Manika 18/05/2016 17:19

encore rien lu chez cet éditeur mais je connais !!

Martine 19/05/2016 12:20

C'est une très bonne maison. Commence par Jeanne Desaubry.