Les blondes à forte poitrine

Publié le par Martine

Les blondes à forte poitrine

Première participation au Mois belge avec Mina et Anne et, pour commencer, les deux complices nous proposent de présenter un recueil de nouvelles. Ce que je m'empresse de faire avec celui d'Isabelle Baldacchino "Les blondes à forte poitrine" paru en 2015 chez Quadrature et dont, curieusement, je n'avais pas parlé sur ce blog.

Dix-neuf nouvelles composent ce deuxième recueil d'Isabelle Baldacchino après "le manège des amertumes" également paru chez Quadrature et que j'avais déjà beaucoup apprécié.

Dix-neuf nouvelles qui présentent la singularité de commencer chacune par les derniers mots, ou la dernière phrase, de la précédente, créant ainsi un fil conducteur particulièrement original et, je pense, certainement pas aisé. Sans rentrer dans le détail de ces dix-neuf textes, je peux vous dire que la plume d'Isabelle Baldacchino s'y révèle tour à tour caustique, acérée, brutale, mais aussi tendre, empreinte de commisération et même parfois affectueuse vis à vis du ou de ses protagonistes du moment.

Courtes (5-6 pages en moyenne, la plus longue nous en offrant généreusement 12!), ces nouvelles nous parlent de gens comme vous et moi, des gens ordinaires, à qui il n'arrive rien d'extraordinaire mais qui, à un moment donné, sont confrontés à des choix, des décisions, n'en peuvent plus de situations figées dans le temps. Des gens qui, d'un coup, changent de cap, d'horizon ou, au contraire, s'y enlisent parce qu'il leur manque un tout petit rien, cette parcelle de volonté qui pourrait tout, si...

Bien sûr j'ai apprécié ces nouvelles, la qualité d'écriture d'Isabelle Baldacchino, son parler vrai, son parler franc susceptible (peut-être) de heurter quelques oreilles sensibles mais qui n'est, en fait, que l'écho de ce qu'on subit oralement à longueur de journée. J'en ai savouré le style nous conduisant inexorablement à une chute abrupte et, à chaque fois, totalement inattendue!

J'ai plus particulièrement souri au clin d’œil amical adressé à Luc-Michel Fouassier, romancier et nouvelliste talentueux également publié chez Quadrature, que ce soit dans la citation notée en début du recueil "Le monde est divisé en deux catégories : les hommes à lunettes et les blondes à forte poitrine." (en référence à son recueil "Les hommes à lunettes n'aiment pas se battre", Quadrature) ou dans la nouvelle "Chokotoffs", ces chocolats qui, nous dit l'auteur, ne se trouvent qu'en Belgique et en particulier sur la table de cet auteur en veine de reconnaissance face à celui d'en face, reconnu, qui, lui, fait distribution à volonté de M&Ms!!!

Bref en un mot comme en cent (!!!), un excellent recueil d'Isabelle Baldacchino à déguster sans modération!

Et ce n'est pas tout! Comme nous sommes le premier mardi du mois, ce recueil me permet aussi de faire un clin d’œil (à mon tour) au rendez-vous mensuel de Stéphie, ne serait-ce que par son titre mais surtout pour sa nouvelle "Au suivant", primée au concours de nouvelles policières de la Police de Liège et publiée dans "Strip-tease" aux éditions Luce Wilquin, en septembre 2011, recueil dont j'avais justement parlé dans "le premier mardi, c'est permis".

Les blondes à forte poitrine
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Commenter cet article

Flo 06/04/2016 21:08

Je suis partagée entre ton avis et ceux de Laeti et Mina. J'avais bien aimé son premier sans plus et l'oralité n'est pas mon fort mais tu en parles de telle manière que j'ai bien envie d'y jeter un œil s'il croise ma route.

Martine 08/04/2016 11:14

Je me suis contentée d'évoquer mon ressenti qui est (et sera) forcément différent du tien, par sa subjectivité... Merci Flo

Anne 05/04/2016 19:09

J'i adoré Le manège des amertumes et celui-ci m'attend. Pas sûr que je sois aussi mitigée que les deux demoiselles qui ont déjà commenté...

Martine 08/04/2016 11:12

A lire donc... Merci Anne

Laeti 05/04/2016 12:21

Belle présentation de ce recueil, que j'ai lu également, avec Mina. Toutes les deux, nous avons été déçues, comme elle te l'explique, par le style (trop) vulgaire de certains textes (et pourtant, je ne suis pas d'un tempérament prude :-) ). Il y en a quelques-unes que j'ai apprécié, bien "noir" comme il faut, notamment une qui fait référence à la période des mines et du charbonnage dans le Borinage. "Chokotoffs" m'a fait sourire également mais je n'ai pas retrouvé le plaisir du "Manège des amertumes".

Martine 08/04/2016 11:12

Vraie déception ou avis mitigé, Laeti? Pour moi, ce recueil reste un bon souvenir. J'ai lu (et parfois pas terminé) d'autres textes beaucoup plus "hards". Ceci explique peut-être cela... Merci pour ton avis

Mina 05/04/2016 09:18

J'avais lu ces nouvelles dès leur parution, après les avoir attendues avec impatience (j'avais adoré Le manège des amertumes), mais étais assez déçue. Je n'ai pas envie de retrouver dans les livres ce que je peux entendre tous les jours et "subi(s) oralement à longueur de journée", donc j'avais été heurtée en quelque sorte par ce style si oral. Par contre, comme toi, j'avais apprécié retrouver la plume acérée d'Isabelle Baldacchino, sa noirceur, et souri à la nouvelle des Chokotoffs.

Martine 08/04/2016 11:10

Je comprends ta déception, Mina. Il n'en demeure pas moins que ce recueil reflète une réalité dont la littérature doit aussi se faire l'écho. Merci pour ton avis.