Le justicier d'Athènes

Publié le par Martine

Le justicier d'Athènes

De retour à Athènes en ce lundi de Pâques où nous retrouvons le sympathique (et bourru) commissaire Kostas Charitos, sous la plume enlevée de Petros Markaris pour les éditions Seuil Policiers.

Dans ce deuxième volume de la trilogie (devenue tétralogie) sur la situation grecque actuelle, le commissaire est chargé d'enquêter sur le meurtre d'un chirurgien talentueux et reconnu, retrouvé mort allongé comme prêt à être inhumé, dans une allée du cimetière de Céramique, mais surtout suite à une injection de ciguë. Très vite, Charitos et son équipe découvrent que la victime avait été prévenue de ce funeste destin auquel elle pouvait échapper si elle versait à l'Etat les arriérés d'impôts qu'elle lui doit. De cet avertissement signé "le percepteur national", le chirurgien assassiné n'a pas tenu compte. Pas plus que le grand directeur de plusieurs centres de formation, retrouvé mort quelques jours plus tard exactement dans les mêmes conditions mais sur un autre site archéologique. Deux morts, c'est déjà beaucoup. Mais deux morts accusées de fraude fiscale, c'est beaucoup trop pour Guikas, le supérieur hiérarchique du commissaire Charitos, et encore plus pour le chef de la police nationale, sans compter les ministres des Finances et de l'Intérieur associés à cette sombre affaire. Charitos doit donc vite résoudre cette enquête sous peine de voir l'avancement promis par ses supérieurs lui passer sous le nez! Sauf que... De nouveaux crimes sont commis sur des personnalités proches du gouvernement grec, accusées elles aussi de fraude fiscale et d'avoir bénéficié de pots de vin dans des entreprises personnelles. La presse nationale en fait ses gros titres. Et la population est prête à faire du percepteur national un héros quand d'autres fraudeurs, également prévenus, se mettent à payer leurs arriérés d'impôts pour s'éviter le pire.

La pression est énorme pour notre commissaire, confronté aussi chez lui à des soucis familiaux liés au désir annoncé de sa fille Katerina de s'expatrier en Afrique, en Ouganda, où on vient de lui proposer un poste. Un comble quand on sait tout le travail qu'elle pourrait effectuer en Grèce-même si la crise que traverse le pays ne prenait pas de telles proportions! Alors, partira? Partira pas? Katerina écoutera-t-elle les avis affectueux de son père, de sa mère Adriani, de son jeune mari Phanis, et de "l'oncle" Zissis? Et en tiendra-t-elle compte?

Troisième lecture de cette série avec le commissaire Charitos et troisième délicieux moment, instructif, enrichissant et amusant pour moi.

Instructif sur la situation de la Grèce, la crise qu'elle traverse, les relations de cause à effet et les parallèles qu'on peut établir entre cette situation et certains scandales politico-financiers qui font régulièrement la Une de nos médias nationaux, ici en France.

Enrichissant pour les liens avec l'Antiquité, les grands philosophes (Socrate, Platon) et toute la documentation relative à l'architecture, aux grands monuments de ce pays empreint d'Histoire.

Et surtout délicieux et amusant par l'humour omniprésent malgré le tragique de cette nouvelle enquête et pour le partage de la vie familiale du commissaire, ses tracas d'homme, de mari, de père et son plaisir inassouvi de déguster les bons petits plats que lui mijote son épouse jamais à court d'idée pour accommoder les maigres denrées que lui permet d'acheter le seul et unique salaire, constamment restreint, du commissaire.

Avec cette lecture, je participe à nouveau à l'Année grecque de Cryssilda et Yueyin.

Le justicier d'Athènes

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Yueyin 29/03/2016 07:48

Celui la ne saurait tarder a sortir de la pal :-)

Martine 29/03/2016 17:43

C'est un plaisir de le lire et c'est grâce à toi que j'ai rencontré ce commissaire Charitos! Merci!