Brume légère sur notre amour

Publié le par Martine

Brume légère sur notre amour

Martine et Roger ont la cinquantaine, sont mariés depuis 30 ans, noces de perle, et vivent dans un coquet petit appartement en plein cœur de Paris. Si Roger exerce avec talent et succès la profession d'architecte d'intérieur, Martine, elle, est restée femme au foyer, à prendre soin d'elle, de de son intérieur et de son couple puisque autant lui qu'elle ont souhaité privilégier leur relation amoureuse et ne pas avoir d'enfant. Un choix qu'ils assument parfaitement l'un et l'autre, l'un envers l'autre et vis à vis des autres.

Mais, aujourd'hui, tous deux ont 50 ans et sans remettre cette décision commune en cause, aucunement, ils s'interrogent sur cette relation unique, privilégiée, quasi fusionnelle qu'ils ont instaurée depuis toutes ces années et l'un comme, à tort ou à raison, commence à entretenir son petit jardin secret, à taire ou cacher certaines petites choses de son existence, des choses sans importance mais qui, du fait de ne pas en parler, de les soustraire à la connaissance de l'autre, vont prendre justement une certaine importance. Martine, dans ce qu'elle confie dans les lettres qu'elle écrit à son amie défunte Violetta (lettres qu'elle garde bien à l'abri du tiroir secret de son secrétaire) et Roger, dans cette relation inattendue qui s'installe entre lui et l'épouse d'un de ses clients, Elvire, qui ressent les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer et pour qui il doit trouver et aménager un appartement parisien plus adapté et fonctionnel.

De là, de ces silences, de ces petites "cachotteries", vont se créer quelques quiproquos, des sentiments ambigus mêlés de doutes, de jalousies, de mesquineries surtout lorsque Roger fait la connaissance d'Amandine, jeune et belle deuxième épouse de Bertrand, veuf de Violetta.

L'amour qui unit Martine et Roger survivra-t-il à ces chaos soudains? Et ne vont-ils pas se mettre à regretter cette vie centrée sur leur couple? C'est ce que nous invite à découvrir Madeleine Chapsal dans ce roman "Brume légère sur notre amour" paru chez Fayard. Un roman court d'à peine 160 pages, qui se lit vraiment très vite tout en prenant le temps de nous interroger, nous, les lecteurs qui n'avons pas forcément fait ce choix de vie (moi, en l'occurrence, qui n'aurais jamais envisagé de ne pas avoir d'enfant!).

De Madeleine Chapsal, j'avais lu il y a déjà bien longtemps "La maison de jade", "Les amoureux" ainsi que "L'indivision" (ces deux titres également parus chez Fayard). Déjà des histoires de couples, de familles, d'amour contrarié, trahi, des parcours de vie qui nous posent question, nous font réfléchir et nous attendrissent aussi. Car Madeleine Chapsal écrit bien. C'est indéniable. Elle possède ce talent unique de nous émouvoir avec des situations banales, du quotidien, que nos rythmes de vie nous font négliger, nous cachent et qui, si on s'y arrête un peu, si on y accorde une petite attention, constituent le sel de la vie, ces pincées saupoudrées qui apportent la saveur à nos existences et auxquelles il convient de s'intéresser au risque de les occulter et de se dire, plus tard, longtemps après, c'était du bonheur et je ne le savais pas. C'est là, entre ces lignes, derrière ces mots, que réside tout l'art d'écriture de Madeleine Chapsal, l'émotion, et où se trouve notre bonheur de lecteurs.

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Philippe D 14/03/2016 20:15

Je crois que je n'ai lu qu'un seul roman de cette auteure.
Celui-ci a l'air intéressant !
Bonne semaine.

Martine 16/03/2016 07:58

Pour moi, il l'est! Merci Philippe! Bonne fin de semaine!

Binchy 14/03/2016 11:52

Merci pour cette excellente chronique ! J'adore lire Madeleine Chapsal depuis plus de trente ans que je l'ai découverte. Elle nous fait réfléchir sur la vie, le couple etc... elle m'a beaucoup apporté au travers de ses ouvrages. Je les ai pratiquement tous lus. J'ai également eu le plaisir de la rencontrer plusieurs fois sur le Salon du Livre de Paris.
Je te souhaite une belle semaine et je t'embrasse très fort.
Bernadette.

Martine 16/03/2016 07:58

Contrairement à toi, je n'ai pas beaucoup lu cette auteur mais j'avoue que le peu de livres lus a toujours été heureux! Merci Bernadette! Gros bisous et bon mercredi!