La patience de l'araignée

Publié le par Martine

La patience de l'araignée

Quand le moral est en berne, j'ai pris l'habitude de partager un moment de réconfort avec mon cher commissaire Montalbano. Le charme de l'écriture d'Andrea Camilleri a à nouveau bien fonctionné et, si j'ai encore un peu de tristesse au fond du cœur aujourd'hui, l'optimisme est revenu.

Le commissaire Salvo Montalbano se remet doucement d'une blessure au bras survenue lors de sa dernière enquête et Livia, son amoureuse, est à ses côtés le temps de sa convalescence. Or cette dernière est interrompue lorsque la jeune et belle étudiante, Susanna Mistretta, est enlevée alors qu'elle rentrait chez elle en motocyclette après avoir étudié chez une amie.

Appelé en renfort pour seconder le commissaire désigné sur cette enquête, Montalbano s'attache une fois encore à relever toutes les incohérences, toutes les erreurs que les ravisseurs semblent avoir commis ou commettent au cours de cet enlèvement, s'appuyant comme toujours sur son adjoint Mimi Augello, l'inspecteur Fazio, l'inénarrable Catarella et, un peu malgré elle, sur Livia également.

Car malgré le fait que toute la région de Vigata sache que la victime, Susanna, est d'une famille ruinée, s'occupe patiemment et avec grand dévouement de sa mère malade et en fin de vie, épaulée par son père et son oncle médecin, les ravisseurs n'en exigent pas moins une rançon exorbitante que la famille ne peut absolument pas payer sauf... à demander l'aide du frère de la mère de Susanna, responsable de la faillite familiale et de sa situation de pauvreté actuelle. Mais le père de la jeune fille s'y résoudra-t-il? C'est en tous cas ce que souhaitent ardemment son frère, l'oncle médecin, et le petit ami de Susanna, désespéré du danger encouru par sa belle. Mais si, cependant, toutes ces incohérences, toutes ces erreurs, relevées par Montalbano, n'étaient en fait qu'une façon d'orienter l'enquête, de la diriger, de la manipuler, comme une araignée peut le faire quand elle a ferré une proie dans sa toile? Alors, dans ce cas, qui tire les ficelles? Qui est l'araignée?

J'ai lu ce roman en une après-midi, entièrement prise par cette histoire si passionnante, si intrigante et si ... démoniaque! Du grand art encore démontré par Andrea Camilleri et du bonheur à vivre au rythme de la vie qui n'a rien d'un long fleuve tranquille de ce commissariat sicilien dans la ville imaginaire de Vigata.

Paru chez Fleuve Noir en 2007, réédité chez Pocket en 2012 et emprunté à la Médiathèque Publique de Valence.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article