Femmes de rêve, bananes et framboises

Publié le par Martine

Femmes de rêve, bananes et framboises

Sept nouvelles composent ce recueil de Simonetta Greggio paru dernièrement chez Flammarion.

Ce recueil, je l'ai découvert lors de mon passage à la FNAC Montparnasse alors que j'étais à la recherche du Guide des amateurs de littérature à Paris (que j'ai trouvé d'ailleurs). Cette couverture, ce titre, ce bandeau "Si on cesse de rêver, on meurt." ne pouvaient que me tenter. Et puis j'ai lu une ou deux chroniques enthousiastes sur les blogs. Ce qui a achevé de me convaincre même si je suis une inconditionnelle de l'écriture de Simonetta Greggio, cette belle auteur italienne qui s'exprime si bien dans notre savoureuse langue de Molière.

Ce recueil, je l'ai reçu mercredi, commencé jeudi soir et terminé hier matin. Car, une fois qu'on se plonge dans les histoires de Simonetta Greggio, on est cuit. Il faut tourner la page, encore et encore, et s'imprégner de chaque récit à la mélodie si douce et si forte, au rythme enveloppant qui ouvre les portes de notre imagination et nous emporte loin, si loin.

De cette auteur, je pense avoir tout lu, romans et nouvelles, et le charme agit à chaque fois.

Que ce soit, ici, dans "Nous sommes tous des enfants de Cassius Clay". Pourquoi ce boxeur? Lisez cette nouvelle et vous le saurez...

Ou dans "Signor Giudice" qui nous révèle les terribles secrets de la Cosa Nostra et me font découvrir la Sicile sous un aspect bien sombre. Ou encore avec "Quelque chose comme du bleu", ce si bel hommage à l'amour qui unit Jean Seberg à Romain Gary. Ou bien "Il pleuvait quand je suis partie", voyage en train d'une femme qui quitte son dernier amant et se rend compte de l'amour qu'elle lui porte alors qu'il est désormais trop tard. Les gouttes de pluie ne sont pas toujours là où on les imagine. Et même dans "Tous les chiens tristes" quand Paul se débat avec ses défunts qui mettent trop longtemps à se dissoudre définitivement dans la terre de leur dernière demeure. Et aussi dans la nouvelle au titre éponyme du recueil "Femmes de rêve, bananes et framboises" (titre français d'une chanson de Paolo Conte "Donne di sogno, banane e camponi"), nouvelle qui clôt ce superbe recueil et dans laquelle une femme assiste à un enterrement et se surprend à penser au sien, à qui y assistera et comment elle voudrait qu'il se déroule.

Si certaines de ces nouvelles sont introduites par une citation, une dédicace, toutes nous subjuguent, nous envoûtent par cette qualité d'écriture, omniprésente, qui nous prend aux tripes et nous retourne comme des crêpes, nous bouleverse chacune à leur façon.

Toutes et en particulier, pour moi, "Os de Lune", la deuxième, celle qui m'a le plus émue, qui m'a fait pleurer parce que ce qu'elle nous conte par la voix de ce violoniste vénitien de 17 ans, baptisé, communié, confirmé mais pourtant juif et arrêté le 1er janvier 1944, déporté à Oswiecim (Auschwitz) est tout simplement insupportable. De cette endurance, de cette fuite en pleine débâcle allemande, suivi et accompagné de Mond, Lune, la chienne d'un Kapo ukrainien, jusqu'à son arrestation par des Américains quand la guerre est finie et qu'il ne le sait pas encore. Cette nouvelle, tirée d'une histoire vraie, Simonetta Greggio nous la livre en toute simplicité, toute sincérité comme les autres, avec la grâce et la magie de son écriture, avec une sensibilité haute et poignante. Et même maintenant, au moment où j'écris ces quelques lignes, mes larmes coulent à nouveau. Parce que la vie quand même, c'est quelque chose. Immense et tellement dérisoire...

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Barbarin 06/06/2015 17:12

Un article que j'ai écrit sur ce livre:
http://ciaovivalaculture.com/2015/05/07/litterature-femmes-de-reves-bananes-et-framboises

Martine 08/06/2015 18:06

Merci. Je vais le lire?