L'orphelinat

Publié le par Martine

L'orphelinat

Dernier roman en date d'Emmanuelle Friedmann, paru dans la collection France de toujours et d'aujourd'hui chez Calmann-Lévy, et encore une magnifique histoire d'enfance à porter au compte de l'auteur.

En 1920, à l'orphelinat de La Victoire à Saint-Malo, Olivier, 9 ans, n'a qu'une idée en tête : fuir cet établissement strict où la maltraitance est d'usage quotidien, persuadé qu'il est de retrouver sa mère. Avec lui, se trouvent aussi Martin, même âge, abandonné avec sa soeur par leur mère qui ne peut plus subvenir aux besoins de la famille, et Baptiste, 12 ans, déjà adopté une fois et de retour à La Victoire après avoir été injustement accusé de vol par sa mère adoptive qui ne le supportait plus.

Tous les trois ne rêvent que de partir et échafaudent mille et uns plans pour s'échapper de cet établissement dans lequel ils sont soumis à tant de souffrances et d'injustices. Au grand dam du père La Bruyère qui a remis l'orphelinat en bon état d'accueil sans imaginer un seul instant que son directeur et ses surveillants utilisent la manière forte et souvent cruelle pour se faire respecter des enfants.

En parallèle à cette situation, on fait la connaissance de Louis Riou, septuagénaire fondateur d'une sardinerie à Douarnenez, veuf, qui se morfond du départ sans retour, 10 ans plus tôt, de son fils unique Max avec sa compagne Madeleine, parce qu'il refusait que son héritier épouse une simple fille d'ouvrier.

Je vous l'ai dit en introduction à cette chronique, Emmanuelle Friedmann réussit encore un beau coup de maître avec cette histoire d'enfants orphelins ou abandonnés qui font tout pour se sortir d'une situation d'injustice et espèrent en des jours meilleurs ou de bonheur retrouvé.

Le style est agréable et d'autant plus émouvant. Comment, en effet, ne pas ouvrir son coeur à ces enfants, écouter leur détresse et leur souffrance, espérer avec eux, croiser les doigts pour eux? Comment également ne pas avoir pitié de cet homme âgé qui se repend tellement d'être resté intraitable et d'avoir forcé involontairement son fils unique à le fuir pour vivre heureux avec la femme qu'il aime, causant ainsi le décès prématuré de son épouse, demeurée inconsolable?

Comment enfin ne pas se révolter de la méchanceté gratuite, de la cruauté malsaine et de l'avidité plus forte que tout, et notamment d'une affection qu'on aurait pu penser sincère, de quelques-uns, quelques unes?

Bien sûr c'était une autre époque. Deux situations survenues à 10 ans d'intervalle avec une guerre terrible entre les deux : 1910-1920. Et on ose penser que les choses ont changé.

Bien sûr cela ne reste qu'un roman, bouleversant certes, mais dont on peut apprécier sans limites les descriptions géographiques et sociales que nous offre Emmanuelle Friedmann sans compter.

L'écriture est belle, soignée. L'histoire est belle aussi. Et tout ce que je peux vous dire en plus, c'est que même si elle ne prend pas la tournure attendue, elle se termine bien!

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Binchy 11/03/2015 08:16

Un roman à lire ! Merci Martine, je note.
Je te souhaite une agréable journée et je t'embrasse très très fort.
Bernadette.

Martine 12/03/2015 08:06

Merci Bernadette! Très bonne journée à toi aussi! Avec ce beau soleil! Gros bisous

Alex-Mot-à-Mots 09/03/2015 14:16

Ouf, tout se termine bien.

Martine 10/03/2015 08:07

Oui! :-)
J'aurais peut-être pas du le dire! Bises, Alex