Les morsures de l'ombre

Publié le par Martine

Les morsures de l'ombre

Comment s'offrir une nuit blanche en bonne et due forme un dimanche soir?

En lisant "Les morsures de l'ombre" de Karine Giebel paru au Fleuve Noir et Prix du Polar SNCF 2009.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Karine Giebel possède l'art et la manière de nous plonger dans l'incompréhensible d'un coup, d'un seul, tout en avançant ses pions l'un après l'autre sur le grand échiquier de son histoire et en assemblant ses pièces l'une avec l'autre dans un puzzle implacable et tellement évident finalement.

Quand le commandant Benoît Lorand émerge du sommeil profond dans lequel il était englué, il est loin, très loin de se douter du cauchemar qui commence pour lui. Alors qu'il est surpris de se trouver au fond d'une cave, séparé de la porte de sortie par des barreaux, emprisonné, il comprend que la belle jeune femme rousse, Lydia, qu'il a dépanné et raccompagné chez elle en rentrant d'un stage de formation à Dijon, le séquestre et qu'elle ne plaisante pas.

Cela fait plusieurs semaines, des mois même, qu'elle l'observe, qu'elle analyse ses faits et gestes jusqu'à tout connaître de sa vie, sans qu'il s'en soit jamais rendu compte. Et maintenant elle le tient à sa merci et entend bien le regarder mourir, lentement mais sûrement, à petit feu.

Au commissariat d'Osselle dans le Doubs où il travaille, l'enquête démarre très vite, confiée à la capitaine Djamila Fashani et à ses hommes, supervisée par le commandant Auguste Fabre, venu spécialement de Paris. On découvre alors un commandant Benoît Lorand, 35 ans, marié à Gaëlle, père d'un petit Jérémie de 3 ans, et incurable coureur de jupons. Mais pas, absolument pas, violeur d'enfant, et encore moins assassin d'enfant, malgré ce que Lydia, dans sa folie, voudrait bien lui faire avouer.

Alors pourquoi? Pourquoi se retrouve-t-il dans cette situation? Pourquoi Lydia s'acharne-t-elle autant sur lui, lui infligeant les pires tortures? Pourquoi sent-on confusément que quelque chose nous échappe dans cette histoire ô combien terrifiante? Quelque chose d'essentiel et de fondamental? Un quelque chose qui constitue la clef de tout ceci et qu'on ne peut comprendre et admettre comme une évidence qu'à la fin de ce roman délicieusement machiavélique?

Je vous l'ai dit plus haut. Karine Giebel excelle dans l'art du suspense, du noir bien noir, et dans l'analyse psychologique extrêmement fine qu'elle porte sur les caractères de ses personnages. Comme une araignée, elle tisse sa toile. Comme un maître d'échecs, elle dispose et avance ses pions. Comme un joueur, elle assemble les pièces d'un puzzle dont elle-seule sait à quel moment elle pourra l'achever. C'est à la fois diabolique et tellement implacable qu'on ne peut que se laisser happer tout entière dans cette histoire où la force du destin prend des proportions délirantes. Ce n'est pas possible qu'il en soit ainsi. Ce n'est pas possible de jouer autant de malchance. Et pourtant!...

Nuit blanche garantie!...

Cette lecture me permet de participer au challenge Les dames en noir chez Zina.

Les morsures de l'ombre

Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 11/02/2015 19:03

Une auteure efficace. Mais qui ne sera apparement pas aux Quais du polar cette année. Dommage.

Martine 12/02/2015 15:09

Ah dommage! :-( Tu vas y aller, Alex? Bises