L'inconnu du grand canal

Publié le par Martine

L'inconnu du grand canal

Pour prolonger encore un peu la magie de Venise, telle que sait nous la restituer Donna Leon, je vous emmène ce matin à la découverte de la dernière enquête du commissaire Guido Brunetti que l'auteur vient de publier chez Calmann-Lévy.

A Venise donc, on vient de retrouver le cadavre d'un homme flottant sur le grand canal. Dépêché aussitôt sur les lieux, Brunetti est surpris par l'aspect physique de cet homme non pas lié aux caractérisques de la mort, mais bien à son physique justement, du fait de son cou et de ses épaules anormalement sur-dimensionnés. De plus, à le regarder d'un peu plus près, cet inconnu ne semble pas l'être vraiment pour notre commissaire. Un étrange sentiment de déjà vu l'habite soudainement. Mais sa mémoire lui fait défaut et impossible de se rappeler où et dans quelles circonstances il a pu rencontrer cet homme qui, de plus, ne possède sur lui aucun papier d'identification.

C'est la signorina Ellettra qui, grâce à de minutieuses et pointilleuses recherches, va permettre au commisaire Brunetti et à son acolyte, l'inspecteur Lorenzo Vianello, de finalement lui redonner son nom, sa profession, de reconstituer ce que fut sa vie et de débuter une singulière enquête qui va leur ouvrir la porte d'un curieux abattoir et leur faire découvrir un aspect immonde du traitement des viandes de boeuf.

Une enquête qui va laisser un goût bien amer à notre commissaire, largement dépassé par les dérives auxquelles les hommes (et les femmes) peuvent se laisser aller au nom de l'argent, de la cupidité et de l'âpreté au gain.

Vous dire que j'ai également apprécié cette nouvelle enquête ne sert à rien. Vous le savez déjà. Je suis une inconditionnelle de Brunetti et je ne me lasse pas de le lire au fil de ses enquêtes. Ce que j'aime par-dessus tout dans ces romans de Donna Leon, c'est qu'elle nous met en contact direct avec la vie du commissaire, sa vie privée avec son épouse Paola, ses enfants Chiara et Raffi, leur façon de vivre, leurs repas de famille, leurs discussions, leur vision du monde, mais aussi bien sûr avec sa vie professionnelle, sa façon de mener ses enquêtes (Brunetti est un tenace, il ne lâche rien!), ses relations avec ses collègues tant commissaires comme lui, qu'inspecteurs ou simples agents, le lieutenant Scarpa et surtout son supérieur hiérarchique Patta. Tout ceci, Donna Leon possède l'art et la manière de nous le conter avec une petite pointe d'humour qui ressort là où on ne l'attend pas, avec une certaine lucidité, et même une grande tendresse.

Sans compter les descriptions pittoresques de Venise et de ses alentours, qui font qu'on y est aussi vraiment par le simple pouvoir d'évocation des mots, et la vision d'ensemble du monde politique, économique et administratif de l'Italie. Un dernier aspect qui nous parait bien lourd et parfois vraiment terrible. Une situation qui est loin de rendre hommage à ce beau pays mais une situation qui s'approche, à bien des égards, de ce que nous vivons nous aussi de l'autre côté des Alpes.

Un regard sans pitié, sans concession sur un présent et un futur qui doit nous alerter et même nous alarmer sans tarder.

Un très bon crû encore que ce dernier opus de Donna Leon.

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AG 06/11/2014 10:41

Ahhhhhhh !!! encore une fois tu me tentes. Allez, hop ... un livre pr Noël.
Tout ce que tu écris est vrai. Et Donna LEON est vraiment vraiment "chanceuse" d'habiter cette magnifique ville de Venise.
Bonne journée et Bisous. Agnès

Martine 07/11/2014 08:40

Mais oui, Agnès! Tout ce que j'écris est vrai! Tout au moins en fonction de ce que, moi, je pense vrai! Merci! Et gros bisous! Bonne journée!