La rivière du pardon

Publié le par Martine

La rivière du pardon

Ma Coupe du Monde des Livres est officiellement lancée depuis hier et c'est avec "La Rivière du pardon" de Martial Debriffe que j'ouvre le bal, dans ma ligne de milieux de terrain.

Paru aux éditions Calmann-Lévy, ce roman ne fait pas partie de la belle collection de Jeannine Balland "France de toujours et d'aujourd'hui" mais, à mon avis, il le devrait tant il met en scène des hommes de caractère, une région, notre belle capitale dans la première partie du XXe siècle et tant son récit s'imbrique particulièrement bien dans notre Histoire.

Je ne l'ai commencé qu'hier soir (ce qui me permet d'intégrer cette lecture au Mardi sur son 31 de Sophie). Mais ma lecture est suffisamment avancée pour me permettre un tel avis.

Bref, cela n'enlève rien à la qualité de ce roman. Bien au contraire! Martial Debriffe nous présente deux frères, jumeaux, Constantin et Hippolyte Schuster, alsaciens, qui, en ce début du XXe siècle travaillent à l'usine De Dietrich tout en continuant de s'occuper de l'exploitation familiale et notamment d'un élevage de chevaux laissés en héritage par leurs parents. Mais le premier conflit mondial s'annonce... et les premières dissensions entre les deux frères aussi. Constantin, qui se refuse à combattre contre la France, choisit de fuir et, grâce à son patron, se fait embaucher chez Louis Renault à Paris. Resté seul et dans l'incompréhension du comportement de son frère, Hippolyte se reconvertit en sourcier et se lie d'amour pour une jeune femme du pays.

La paix revenue, et l'Alsace redevenue française, Constantin revient enfin. Mais son comportement a bien changé. Et les deux frères ont bien du mal à se retrouver, à se reconnaître et à se comprendre à nouveau. Car si Hippolyte est marié et mène une vie tranquille avec sa famille, il n'en est pas de même pour Constantin qui a connu tous les succès à Paris, que ceux-ci soient amoureux ou dans le domaine musical où il s'est découvert un talent de baryton. L'incompréhension grandit d'autant plus entre les deux hommes que Constantin semble n'être revenu que pour pousser son frère à vendre la propriété familiale. Dès lors la tension monte d'un cran et...

J'en suis là de ma lecture et je ne vous cache pas que j'ai hâte de m'y remettre. Il va se passer quelque chose, c'est sûr. L'écriture de Martial Debriffe nous y amène lentement mais sûrement. L'histoire est belle, captivante, bien construite, avec des descriptions culturelles intéressantes, et une finesse d'analyse des comportements et des caractères très justes. Un très bon roman à découvrir...

En voici un extrait à la page 31 :

"- Vous verrez, il y aura du beau monde.

Repu, Constantin ferma les yeux, bercé par le roulis du train, heureux tout à coup. Les choses étaient si simples. Son souffle ralentit, son visage se détendit et il finit par sombrer dans le sommeil. Des images évoquant plaisirs et amusements protégèrent son repos contre les génies maléfiques de la nuit et le visage accusateur de son frère."

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Pahi 21/06/2014 17:07

Pas mal du tout pour un début de Coupe du Monde des Livres ! Avec ce que tu as bien voulu nous livrer de ce roman, je comprends ton étonnement qu'il ne fasse pas partie de la Collection France de toujours et d'aujourd'hui. ... Voilà qui est noté sur ma liste ;-)
Gros bisous, chère Martine, à bientôt !

Martine 21/06/2014 18:19

Lecture terminée et étonnement confirmé, chère Denise! Très curieux en effet. Mais ce roman est une pure merveille!
Gros bisous et bon dimanche!