Et l'été les emporta

Publié le par Martine

Et l'été les emporta

Attention! Lecture coup de coeur!

Lorsque je vous ai parlé de "Valse avec le Diable" un roman de Bertrand Solet paru au Seuil Jeunesse, j'ai été contactée par Annie Mullenbach qui m'informait être l'auteur d'un roman similaire qu'elle me proposait de m'adresser, via son éditeur Les éditions du Banc d''Arguin. Bien sûr j'ai accepté ce cadeau avec plaisir!

Ce roman "Et l'été les emporta", je l'ai reçu samedi et l'ai lu hier soir, d'une traite! Certes il ne fait "que" 130 pages mais il a surtout la qualité de faire monter l'angoisse, l'appréhension, la peur et l'insoutenable par petites doses savamment mesurées!

Tout commence par le mariage de Simone et Lucien le 21 décembre 1935 à Beaumont au bord de l'Oise. Mariage qui scelle leur amour de jeunesse. Leurs premières vacances grâce au Front Populaire. Puis très vite la Drôle de guerre dans laquelle Lucien est entraîné, l'exode à laquelle participent Simone et sa famille. Puis le retour de Lucien et, enfin, en 1943 la naissance tant attendue de leur fille, Annie.

Mais c'est la guerre, l'Occupation, ses privations, le bruit des bottes qui rôde, la peur des bombardements... tout ceci conduit la petite famille à se réfugier chez les cousins Henriette et Marcel à la campagne, à Château-Rouge.

Là la petite Annie découvre les plaisirs de la vie au village, charme André, photographe amateur sachant parler allemand et qui n'a de cesse de vouloir conserver des souvenirs en images de l'enfant et des villageois.

Mais là aussi la Résistance s'est développée. En secret bien sûr! Mais les villageois savent que les maquisards ne sont pas loin. Alors que le Débarquement en Normandie a eu lieu, que l'occupant allemand commet de plus en plus d'actions de représailles, le village va connaître la pire horreur qui soit. Pour punir ceux qui ont abattu et retenu prisonniers des leurs, les Allemands vont envahir le village de Château-Rouge à l'aube du 27 août 1944.

Huit maquisards et treize hommes du village vont être fusillés devant leurs familles lors de cette expédition punitive. Vingt-et-uns hommes morts sous les balles allemandes. Vingt-et-uns sauf un. Lucien qui ne doit la vie sauve qu'au courage d'une jeune recrue allemande chargée d'abattre d'une balle en pleine tête ceux qui ne seraient pas morts sur le coup "pour se forger le caractère" et qui glisse en français à Lucien "Fais semblant d'être mort!"

Dire que ce récit m'a bouleversée relève de l'euphémisme. C'est un véritable coup de coeur que j'ai ressenti à cette lecture. Annie Mullenbach possède l'art et la manière de distiller l'attente, faisant monter crescendo l'inimaginable, l'insoutenable et l'espoir que... malgré tout...

Criant de vérité, ce roman est d'autant plus prenant qu'on ne comprend qu'à la fin, ou du moins que je n'ai compris qu'à la fin, qui en est vraiment la narratrice.

Un superbe hommage à tous ces gens, inconnus, silencieux, et ô combien courageux qui ont donné leur vie pour la France, et à toutes ces femmes qui les ont soutenus, encouragés, dussent-elles en perdre leur présence aimée.

Merci Annie!

Cette lecture me permet aussi de participer au challenge Deuxième guerre mondiale chez Ostinato.

Et l'été les emporta
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Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 18/04/2014 19:43

Il me tente, et comme il n'est pas long, en plus....

Martine 19/04/2014 10:36

Laisse-toi tenter, Alex! Il se lit vite même si on a très envie de changer l'histoire sachant que celle-ci est vraie! Bon week-end! Bises

Pahi 14/04/2014 21:22

Coucou Martine,
Ta critique est très "parlante" : on ressent l'émotion qui a été la tienne.
Merci et bonne nuit.

Martine 16/04/2014 08:03

Oui, ma chère Denise, cette lecture m'a réellement bouleversée! D'autant plus qu'elle est "vraie"!
Je t'embrasse et je pense bien à toi...